"On est en plein dans le calme avant la tempête !", expliquait Jean-Marie Picot, l'ancien président du Tribunal de commerce Bordeaux en octobre 2020, entre les deux premiers confinements sanitaires. L'économie était alors sous perfusion et le Covid avait encore quelques vagues sous le coude. Où en est-on deux ans plus tard alors qu'entre-temps le redémarrage soudain de l'économie à deux doigts de la surchauffe s'est cogné en 2022 à la guerre en Ukraine et à ses impacts sur l'inflation et les coûts de l'énergie.
Paradoxalement, ces tensions économiques bien réelles ne se traduisent pas encore dans l'activité du tribunal. Sur les neuf premiers mois de 2022, 623 procédures collectives - plans de sauvegarde, redressements judiciaires ou liquidations judiciaires - ont été enregistrées pour un total de 1.750 salariés. C'est à la fois 41 % de procédures en plus qu'à la même période en 2021 mais aussi, et c'est le plus important, 29 % de moins que les 873 procédures comptabilisées en 2019 à la même date. Alors qu'une centaine de nouvelles procédures collectives s'ajouteront en octobre, le total sur l'ensemble de l'année 2022 devrait tourner autour d'un millier, soit environ 20 % de moins qu'en 2019.