Nouvelle-Aquitaine Mobilités : la plateforme Modalis monte en puissance sur la billettique

Pierre Cheminade

Jérôme Kravetz, le directeur de Nouvelle-Aquitaine Mobilités, et Renaud Lagrave, le président.
PC / La Tribune

Pierre Cheminade

Jérôme Kravetz, le directeur de Nouvelle-Aquitaine Mobilités, et Renaud Lagrave, le président.
PC / La Tribune
Officiellement créé mi-2018, le syndicat mixte Nouvelle-Aquitaine Mobilités a déjà parcouru du chemin. Modalis, son outil de calculateur d'itinéraires, est opérationnel sur ordinateur comme sur smartphones et il associe désormais 25 des 28 autorités organisatrices de mobilités (AOM) de la région. Seules les communautés d'agglomération d'Agen, de Villeneuve-sur-Lot et du Bassin d'Arcachon Sud manquent à l'appel. Ce qui n'empêche pas l'outil d'avoir significativement décollé cette année, après deux ans de crise sanitaire.
En 2022, Modalis revendique ainsi, chaque mois, 1,6 million de recherches d'itinéraires combinant les 38 réseaux partenaires (TER, douze réseaux de cars et 25 réseaux de transports urbains). Dans 26 réseaux, l'application permet aussi d'acheter et valider des billets. Une possibilité qui a permis de générer 800.000 euros d'achats de billets cette année.
Mais Renaud Lagrave, le président du syndicat, et Jérôme Kravetz, le directeur, sont bien décidés à aller plus loin pour en faire un outil Maas (Mobility as a service). Cet acronyme anglais correspond au fait de pouvoir planifier, réserver et payer de nombreux moyens de transport différents sur une même plateforme numérique.
Concrètement, dès le printemps 2023, les applications Modalis et Ticket Modalis fusionneront au profit de la première. Quelques mois plus tard, à l'été, la validation et le paiement par carte bancaire commenceront à être déployés à Guéret et à Tulle tandis qu'à l'automne ce sont des distributeurs automatiques et des agences commerciales aux couleurs de Modalis qui verront le jour progressivement. Au total, le budget s'élève à près de quatre millions d'euros pour l'outil Modalis et à davantage sur la billettique. "Mais en travaillant ensemble nous économisons entre 20 et 40 % des coûts de développement", assure Jérôme Kravetz, qui a eu recours à une série de prestataires spécialisés pour développer ces outils.
Enfin, l'année 2024 sera consacrée à l'interopérabilité avec des réseaux de transports partenaires, typiquement celui des grandes lignes SNCF, pour les intégrer à Modalis. De quoi augurer de discussions à la fois techniques et financières, comme s'y prépare déjà Renaud Lagrave : "Nous discutons avec la SNCF sur les ventes croisées de billets pour trouver un accord qui doit nécessairement être équitable. Nous ne sommes pas sectaires et nous accueillerons tout le monde sur Modalis. Mais il y aura des négociations et le fait d'arriver à 25 acteurs face à la SNCF permettra de nous donner de la force", conclut l'élu landais.
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Et pour alimenter les réflexions sur "le schéma multimodal régional" qui vise à coordonner les différentes offres de transport de tous les territoires régionaux, le syndicat lance une enquête flash auprès des usagers. Ce questionnaire de cinq minutes permet aux usagers d'exprimer leurs habitudes et besoins de déplacements (voiture, train, car interurbain, vélo et abris sécurisés, marche, covoiturage, parking relais, etc.). L'enquête est disponible du 28 novembre 2022 au 20 janvier 2023.
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