Faire de la liaison aérienne entre Bordeaux-Mérignac et Paris-Orly « un tremplin pour l'utilisation de la technologie zéro-émission sur des plateformes régionales ». Séduisante sur le papier, l'idée est portée conjointement par Alain Anziani, le président (PS) de Bordeaux Mérignac, et Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde. Réaffirmé en septembre dernier, ce projet vise à « expérimenter un nouveau concept de mobilité aérienne plus durable entre Bordeaux et Paris » afin de permettre à la fois de redémarrer des rotations aériennes quotidiennes entre Bordeaux et Orly et de « favoriser l'innovation technologique locale et l'émergence de nouveaux modèles d'aviation commerciale ».
Des arguments qui n'ont finalement convaincu ni Paris ni Bruxelles. La Commission européenne a en effet officiellement acté, vendredi 2 décembre, les modalités pour interdire les vols intérieurs en France en cas d'alternative en train de moins de 2h30 en validant la 2e version du décret d'interdiction proposé par le gouvernement français. Une décision assortie de certaines conditions, notamment une limite de trois ans avant un réexamen.
Mais la décision de la Commission européenne éclaire également les réflexions autour d'une possible dérogation dans le cas où une telle desserte aurait pu être assurée par « un transport aérien décarboné ». Si la première version du décret envoyé par Paris à Bruxelles mentionnait bien la possibilité d'une telle « dérogation en faveur des services aériens qui atteindraient un seuil maximal d'émission carbone », Bruxelles précise qu'une mesure de ce type nécessiterait « une analyse plus approfondie de ses effets potentiels en termes de concurrence et d'une éventuelle discrimination entre les transporteurs aériens ». Une manière de poliment fermer la porte.