« Les trains sont saturés dès le jeudi, et jusqu'au lundi, le choix des horaires (lorsqu'il reste de la place dans les trains) devient très contraint, et les prix ont fortement augmenté [...] L'insuffisance de l'offre ferroviaire (conjuguée à l'abandon de la desserte aérienne sur Orly) a même généré un report vers l'autoroute, phénomène que personne n'aurait imaginé il y a cinq ans, lorsque nous avons inauguré la LGV Tours-Bordeaux ! »
La charge est rude pour la SNCF. D'autant plus qu'elle est signée conjointement par Bordeaux Métropole, la Région, la Fnaut (Fédération nationale des usagers de transport), le Comité régional du tourisme et la CCI Nouvelle-Aquitaine.
Dans un courrier adressé en juillet dernier au PDG de la SNCF, ils dénonçaient à l'unisson sa « politique commerciale malthusienne. » C'est en effet un constat répandu parmi les utilisateurs de cette ligne à grande vitesse de 302 km qui relie Bordeaux à Paris en 2h04 : les trains sont trop souvent complets, en semaine, le weekend ou pour la période prisée des fêtes de fin d'année. Un constat pourtant balayé par la SNCF pour qui il ne s'agirait en réalité que d'un vague ressenti voire d'une impression trompeuse.
L'opérateur assure en effet depuis plusieurs mois dans la presse que « sur l'Axe Atlantique, l'offre TGV a augmenté de 2 % entre 2019 et 2022 » tandis que « depuis la mise en service de la LGV, la fréquentation sur Paris-Bordeaux a augmenté de 70 % ». Pourtant, les chiffres sont têtus et ceux de Lisea, le concessionnaire de la LGV Tours-Bordeaux, racontent une histoire bien différente qui donne raison à ceux qui dénoncent la rareté de l'offre actuelle.