« Sans révision du modèle des péages, l'ajout de nouvelles circulations sera impossible pour SNCF Voyageurs », a asséné Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, dans un courrier adressé aux élus bordelais le 1er août dernier. Pour SNCF Voyageurs, le montant des péages facturés par Lisea, le concessionnaire des 302 km de la LGV Tours-Bordeaux, entraîne un déficit structurel sur cette ligne et serait donc l'une des raisons, si ce n'est la raison principale, de la rareté de l'offre proposée sur l'axe Paris-Bordeaux.
Au point, comme cette filiale de la SNCF l'a encore expliqué à La Tribune ce mardi 13 décembre, de plaider pour une renégociation du contrat :
«Nous l'avons déjà dit, sommes ouverts à la discussion sur l'évolution du modèle économique de cette ligne. Ce que nous disons c'est que le modèle économique actuel, proposé et imposé par Lisea, n'est pas soutenable sur le long terme. En l'état actuel, on perd de l'argent sur cette ligne, si cela continue, à un moment donné, on sera peut-être invité par nos actionnaires à faire autre chose...»
Qu'en est-il vraiment ? Qui a réellement fixé les tarifs des péages ? À quel prix et selon quelles évolutions ? Quelles sont les conséquences pour les deux acteurs, SNCF voyageurs et Lisea ? Élements de réponse.
Si SNCF Voyageurs pointe régulièrement du doigt le montant des péages pratiqués par Lisea, la réalité est un peu plus complexe puisque le concessionnaire de la ligne n'a pas la main sur ce paramètre clef. « C'est le groupe ferroviaire lui-même, en l'occurrence SNCF Réseau [Réseau ferré de France, à l'époque NDLR], qui a défini dans le contrat de concession signé en 2011 le barème des péages de Tours-Bordeaux et leur évolution sur toute la durée de la concession jusqu'en 2061, il y a donc une très grande visibilité », rappelle à raison Philippe Jousserand, le directeur général de Lisea.