LA TRIBUNE - Avec 675 millions d'euros levées en 2022 et cinq opérations de plus de 50 millions d'euros, la Nouvelle-Aquitaine a franchi un nouveau cap l'an dernier en matière de capital risque. Quels enseignements en tirez-vous ?
Camille LE ROUX LARSABAL - C'est un exercice qui est clairement extraordinaire au regard de ce qui s'est fait en France et, plus largement, en Europe et au-delà. La Nouvelle-Aquitaine tire vraiment son épingle du jeu et je ne peux que féliciter tous les acteurs de l'écosystème. Cela traduit une décentralisation en marche : les régions attirent et continuent à attirer des profils, des entrepreneurs et des investisseurs français et étrangers. Le premier semestre 2022, qui a placé la région au 2e rang derrière l'Île-de-France en termes de montants levés, a vraiment été hors norme, donnant énormément de visibilité au territoire.
Cela prouve aussi la maturité atteinte par l'écosystème régional avec plusieurs opérations importantes dans des entreprises mi-startups, mi-PME industrielles, telles que Telecom Design, Sellsy ou encore Shiro Games. Ce sont des boîtes matures et rentables qui arrivent à attirer de très belles opérations en late-stage [ levées importantes intervenant après un ou plusieurs tours de table, NDLR]. C'est un vrai témoin de la maturité du tissu régional et de ses entreprises. Ce type d'opérations aura tendance à se multiplier parce qu'elles sont de plus en plus recherchées par les investisseurs en quête de rentabilité plutôt que de croissance à tout prix.