Levées de fonds : la French Tech surnage dans une Europe en chute libre
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La French Tech tient la dragée haute à la crise. C'est le principal enseignement du baromètre du capital-risque publié ce 17 janvier par le cabinet de conseil EY, référence en la matière. En 2022, les startups tricolores ont battu leur record de 2021, qui lui-même doublait les montants de 2019 et 2020 : 13,5 milliards d'euros exactement, contre 11,6 milliard l'an dernier, pour 735 opérations, contre 784 en 2021. Soit un montant moyen de 18,35 millions d'euros par tour de table.
La progression sur un an est modeste par rapport au rythme observé ces dernières années : 17% contre... 115% entre 2020 et 2021, et près de 40% en moyenne au cours des sept dernières années. Mais dans le contexte d'une crise mondiale de la tech depuis le début de 2022, caractérisée par une chute brutale des valorisations des startups et une frilosité inédite de la part d'investisseurs refroidis par la crise de l'énergie et le retour de l'inflation, la performance reste impressionnante. « La résilience de la France est réelle. C'est à la fois le signe de la force et de la profondeur de notre écosystème d'innovation, et aussi la conséquence d'amortisseurs de crise plus efficaces en France qu'ailleurs en Europe. L'inflation y est beaucoup moins forte qu'au Royaume-Uni et la crise énergétique moins préoccupante qu'en Allemagne », explique Franck Sebag, associé et auteur du rapport.
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Effectivement, la performance de la France est une exception à la fois en Europe et dans le monde. D'après CB Insights, les montants levés en 2022 dans le monde ont chuté de 35%, à 415 milliards de dollars, avec un deuxième semestre cataclysmique marqué par une chute de 62% sur un an. Si les Etats-Unis et la Chine absorbent l'essentiel de cette crise, l'Europe souffre aussi. D'après EY, les montants levés au Royaume-Uni ont baissé de 15% en 2022 et ceux en Allemagne ont carrément chuté de 38% sur l'année.