Sens interdit. À quelques kilomètres au nord du bourg de Laruscade, à la frontière entre Gironde et Charente-Maritime, il est fortement conseillé de faire demi-tour. A l'entrée du site où doit s'implanter l'usine de Flying Whales, un chemin blanc défoncé. Un arrêté municipal pris en juillet restreint la circulation sur cette chaussée vicinale. Il n'y a rien à voir qui relève d'une activité industrielle pour le moment. Seuls les cheptels forestiers de quelques sylviculteurs. C'est bien ici que doivent être construits les plus grands dirigeables du monde à partir de 2025.
Dans les airs, pas encore d'aéronef mais quelques oiseaux et leurs cris couverts par la circulation de la Nationale 10 entre Bordeaux et Angoulême à un kilomètre de là. Un accès routier direct qui fait l'intérêt du site. La zone doit se transformer en un pôle d'activités économiques doté d'entrepôts de 70 mètres de haut, d'une piste d'envol et de bâtiments logistiques qui abriteront 300 emplois. Il faut encore se projeter.
Le dossier de concertation, à l'image des discours des élus, évite soigneusement de mentionner le terme d'artificialisation des sols. C'est pourtant bien de cela dont il est question à Laruscade. Entre les bâtiments, hangars, voiries et aires d'envol, plus de 50 hectares de terres vont être directement mobilisés pour les activités économiques du constructeur. Au-delà, l'emprise totale du site s'étend sur 25 hectares supplémentaires.