De l'autre côté de la rue, l'ancien site du GAN fait l'objet d'une occupation sauvage de caravanes depuis plusieurs semaines. Un peu plus loin, les anciens locaux de la Caisse d'épargne rue de la Jallère, longtemps squattés, sont désormais partiellement détruits. C'est pour éviter ce genre de désagréments que l'établissement bordelais de la Caisse des dépôts, dont les 1.400 collaborateurs ont quitté son site de Bordeaux Lac en novembre 2022 pour s'installer à Euratlantique, a pris attache dès 2021 avec Plateau urbain. Cette coopérative d'urbanisme transitoire est spécialisée dans la mise à disposition d'espaces vacants.
« Afin d'éviter une occupation sauvage et des dégradations que l'on observe dès qu'un bâtiment se libère à la Jallère, le meilleur moyen est de maintenir une présence sur place. C'est pour nous une double évidence. Le devenir de tous les projets que nous accompagnons nous importe, d'autant plus quand des collaborateurs y ont eu une expérience de vie, c'est une question d'image », commente Rémi Heurlin, directeur régional adjoint de la Banque des territoires,filiale de la Caisse des dépôts. « Nous sommes par ailleurs partie prenante de l'économie sociale et solidaire (ESS) et avons identifié un besoin des acteurs de l'ESS d'avoir accès à des locaux bon marché. »
Dans la métropole bordelaise, l'office public de l'habitat Aquitanis pilote depuis 2018 ce genre de projets pour le compte de Plateau urbain. « Tout est parti d'un projet d'entreprise en 2017, après la crise liée à la réduction du loyer de solidarité, dans lequel on s'est donné la liberté d'explorer de nouvelles activités », explique Claire Gelain, directrice habitats solidaires, en charge notamment du développement économique et de l'occupation transitoire chez Aquitanis. À partir de 2019, plusieurs sites d'occupation temporaire sont ouverts, dans un immeuble de Nexity cours d'Alsace-Lorraine, dans un ancien Lidl aux Chartrons ou encore dans le patrimoine propre d'Aquitanis aux Aubiers et à Lormont... Au fil des années, l'activité a trouvé son modèle économique (louer à bas prix des locaux mis à disposition gratuitement ou en contrepartie d'un loyer d'occupation), mais il reste fragile.