LA TRIBUNE - Quel est le cœur de métier d'Ecomicro ?
Julien MARANON - C'est une structure de l'économie sociale et solidaire, une PME familiale qui emploie 30 personnes, dont un tiers en état de handicap psychique et mental. Notre métier c'est la collecte, le reconditionnement et le recyclage des D3E, les déchets d'équipements électriques et électroniques, que l'on récupère auprès des entreprises et collectivités de Nouvelle-Aquitaine et au-delà. On récupère leurs flottes d'ordinateurs, de smartphones et autres pour reconditionner et revendre ceux qui fonctionnent ou déconstruire et valoriser ceux qui ne peuvent pas être reconditionnés. Notre objectif c'est de réduire au maximum l'impact environnemental de ces équipements électroniques en travaillant en local. On priorise les professionnels pour l'approvisionnement en équipements électroniques mais notre site e-commerce est également ouvert aux particuliers.
Quelles sont les perspectives de ce marché ?
Nous comptons plus d'un millier de clients et on devrait réaliser autour d'un million d'euros de chiffre d'affaires en 2023 sur un marché qui est encore peu connu mais déjà très concurrentiel. Il y a notamment beaucoup d'acteurs étrangers et de grandes plateformes bien connues. Nous on se positionne comme une vraie entreprise avec de vrais humains dedans qui travaillent à Saint-Loubès, près de Bordeaux, et qui partagent un vrai souci environnemental et d'accessibilité au numérique. Nos smartphones sont reconditionnés en France et seulement 5 à 10 % de nos pièces détachées sont commandées neuves à l'étranger. On essaie au maximum de s'auto-approvisionner en pièces détachées issues des appareils déconstruits. Pour faire face à la hausse de l'activité, on lancera en octobre prochain, avec l'IUT de Bordeaux, la Région Nouvelle-Aquitaine et les clusters du numérique, la première promotion d'un diplôme 3R (réparer, reconditionner, recycler) sur les métiers du reconditionné et des métiers du numérique responsable.