Le long de l'Estuaire de la Gironde, deux territoires phares de l'économie régionale. A l'ouest, les prestigieux vignobles du Médoc, qui font rayonner à l'international les vins de Bordeaux, toisent l'une des seules centrales nucléaires au monde construite sur la rive d'un estuaire. Viticulture et atome génèrent chacun 6.000 emplois de part et d'autre de cette frontière aquatique. Une vraie force pour les territoires médocain et blayais où les bassins d'emplois abritent une flopée de compétences dans ces domaines de spécialisation. Mais cette domination peut aussi procurer quelques sueurs froides.
A l'heure d'une crise majeure dans le Bordelais, avec l'arrachage d'un dixième du vignoble contraint par la chute des ventes, la prégnance de la vigne paraît dépassée. Et avec les bouleversements climatiques qui entraînent la montée du niveau des eaux, l'avenir de la centrale nucléaire du Blayais est soumis a minima à de grandes adaptations. Ou comment les totems économiques de ces territoires pourraient les faire basculer vers la dépression. Une projection certes pessimiste mais sur laquelle il faut bien anticiper.