Le président de la CCI Bordeaux Gironde Patrick Seguin se projette sur les difficultés croissantes à venir pour les entreprises aidées pendant le Covid et sur les travaux de l'aéroport de Mérignac.
Après la Coupe du monde de rugby et la visite du prince Charles, c'est un retour à la réalité que vit l'économie girondine. Le nombre de créations d'entreprises est redescendu au niveau de 2019 mais ce n'est pas un mauvais signe pour l'écosystème, tempère Patrick Seguin, le président de la CCI Bordeaux Gironde.
La rentrée 2023 a été euphorique à Bordeaux. Entre les cinq matchs de la Coupe du monde de rugby, la visite du roi Charles III et le balai des paquebots de croisière, le rayonnement de la ville se porte au mieux, comme l'activité de ses commerces et de sa filière hôtellerie-restauration. Des grandes manifestations nécessaires selon le monde économique pour doper les affaires, éprouvées par l'inflation et le déclin des aides post-Covid.
C'est justement avec la fin des mesures d'urgence de la crise sanitaire que l'économie lcoale vit un brutal effet de rattrapage. « On voit cette année une forte poussée des procédures collectives puisqu'il y avait un grand nombre d'entreprises sous perfusion et qui n'était pas viables. C'est un retour à la réalité et un phénomène nécessaire à l'économie », plaide Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde. Le nombre de créations d'entreprises, historiquement haut depuis trois ans, ralentit et redevient équivalent au nombre de liquidations en cette rentrée. Environ 600 entreprises étaient créées chaque mois depuis juin 2022 en Gironde, contre seulement 181 en septembre 2023.
Report de la ZFE ?
Pour autant, les radiations, au nombre de 93 le mois dernier, contre 300 mensuelles en 2023, ont également ralenti en septembre en Gironde malgré un contexte jugé défavorable. À côté de ça, de nombreux chefs d'entreprise refusent toujours de solliciter un accompagnement. « On essaye de mettre en place des plans de sauvegarde le plus tôt possible. Malheureusement, on a trop de gens qui se réveillent trop tard », pointe Patrick Seguin.
Du côté des sujets politiques, le président salue la réflexion de Bordeaux Métropole sur le décalage de l'instauration de la Zone à faibles émissions de 2025 à 2030. Une option motivée notamment par le lobbyisme appuyé des représentants du monde économique mené au printemps. Un vote aura lieu d'ici la fin de l'année, mais même les élus écologistes dont le maire de Bordeaux s'y montrent favorables. « Nos dix recommandations ont été reprises pratiquement à la virgule près par la Métropole. Il est crucial de faire les choses dans la progression à un moment où le coût de la vie se renchérit », se satisfait Patrick Seguin.
L'élu se montre en revanche plus mécontent en ce qui concerne le plafonnement des aides aux commerçants impactés par des travaux publics. La mesure votée en conseil métropolitain ne serait pas justifiée pour la CCI au regard de l'allongement de certaines opérations, comme l'arrivée du bus express place Saint-Seurin, contrariée par des fouilles archéologiques inattendues.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
L'approche de l'année 2024 marque aussi le lancement d'une nouvelle phase de travaux à l'aéroport de Bordeaux Mérignac, dont la CCI est actionnaire avec l'État et les collectivités. Les premiers appels d'offres seront publiés en début d'année pour enclencher cinq ans d'opérations chiffrées au total à 240 millions d'euros dont 100 millions d'euros pour le bâti. Et ce afin d'améliorer l'accueil des voyageurs et l'efficacité énergétique des bâtiments.
La CCI va, elle aussi, connaître du mouvement en accueillant l'école de cuisine Ferrandi au rez-de-chaussée du Palais de la Bourse début 2024. Jusqu'ici hébergé sur le campus du Lac, l'établissement de 160 étudiants a déjà migré vers le centre-ville, en s'installant provisoirement à l'étage de l'édifice. Tout en ayant abandonné l'idée d'une place Vendôme version bordelaise, la CCI a récupéré un espace de la Place de la Bourse, jouxtant le musée des Douanes, dont elle est propriétaire. L'office était loué jusqu'ici par la mairie de Bordeaux et va devenir une annexe événementielle, plus petite, du Palais de la Bourse.