Le bailleur CDC Habitat entend jouer à plein son rôle contracyclique dans la crise sans précédent du logement neuf. Mobilisant le logement social et libre mais surtout le logement intermédiaire, la filiale de la Caisse des dépôts planifie la livraison de 5.000 logements en trois ans dans les 25 départements d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine où les besoins sont considérables.À la tête d'un parc de 37.000 logements locatifs en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, notamment à Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Limoges et Pau, CDC Habitat a été mis à contribution l'an dernier face à la crise inédite du logement neuf. « Nous avons repris 3.800 logements à des promoteurs dans le Sud-Ouest dans le cadre du plan de soutien piloté par la Caisse des dépôts ce qui représente 22 % de l'engagement national », rappelle Jérôme Farcot, directeur interrégional de CDC Habitat en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
L'atout du logement intermédiaire
Alors que les promoteurs rencontrent les pires difficultés à commercialiser et à démarrer leurs programmes, pénalisant du même coup nombre de bailleurs sociaux, CDC Habitat s'appuie sur le logement locatif intermédiaire (LLI) pour équilibrer ses opérations et continuer à construire. Depuis une dizaine d'années, il est en effet devenu un spécialiste de ce produit locatif né en région parisienne et qui s'inscrit entre le logement social et le marché libre des zones tendues. « Le LLI fonctionne comme le logement social classique mais on l'achète un peu plus cher et on le loue un petit peu plus cher. Dans la région, le ménage moyen dans le parc social dispose de 1.800 euros de revenus mensuels contre 2.400 euros dans le parc intermédiaire mais avec les deux consacrent 25 % de leurs revenus à leurs loyers », précise Jérôme Farcot.
Chaque logement intermédiaire affiche ainsi un loyer 10 % inférieur à celui du marché libre avec des études menées au niveau de la rue. « Le point fondamental c'est de ne pas être inflationniste », insiste le directeur interrégional. Des atouts qui ont convaincu le gouvernement de brandir le logement intermédiaire comme l'une des solutions à la crise du logement en mobilisant les fonds de la Caisse des dépôts et d'investisseurs institutionnels. Un outil qui cible d'abord les classes moyennes. « Dans l'intermédiaire on loge beaucoup de jeunes salariés de moins de 30 ans, des jeunes couples en décohabitation et des travailleurs en mobilité géographie, explique Jérôme Farcot. Les gens y restent moins longtemps que dans le parc social avec un taux de rotation annuel deux fois plus élevé pour atteindre 15 à 20 %. »