La route est longue mais aussi sinueuse pour fabriquer un petit véhicule à grande échelle. Le dirigeant de Midipile Mobility, Benoît Trouvé, un ancien de l'automobile devenu concepteur de véhicule léger, le constate parmi ses pairs. « Sur les 50 équipes de l'Extrême défi organisé par l'Ademe, quinze équipes ont réalisé un prototype et trois seulement ont réussi à lever des fonds pour aller jusqu'au modèle de série. » Dans ce trio, il y a donc la startup charentaise Midipile qui annonce un tour de table ce 5 juin de deux millions d'euros.
L'équipe qui conçoit un véhicule léger dédié à la logistique et à la mobilité décarbonée s'est attirée les faveurs de plusieurs structures d'investissement. La moitié de la levée concerne de l'equity avec la participation du fonds citoyen Team for the planet, de business angels, Welike Startups et la chaudronnerie Lespinasse en Charente qui va accueillir la ligne pilote. L'autre moitié est abondée par des subventions de Bpifrance, la Région Nouvelle-Aquitaine, l'Ademe à travers un concours et l'Europe.
Un tour de table bouclé non sans difficultés dans un domaine où les barrières à l'entrée sont gigantesques. « Le modèle de la startup industrielle est très risqué, il y a très peu de fonds en capacité d'y répondre. Ça se compte presque sur les doigts d'une main en France. L'automobile est un secteur qui aujourd'hui bouge énormément et très vite avec une concurrence internationale très forte. On se sent un peu miraculé par rapport à notre secteur », réagit pour La Tribune Benoît Trouvé.