Isolation paille et réemploi : Coop & Bat vise 2025 pour son démonstrateur du bâtiment durable
Corentin Teissier

La première botte de paille du futur siège de Coop & Bat a été symboliquement posée jeudi 20 juin à Bassens.
CT / La Tribune
Corentin Teissier

La première botte de paille du futur siège de Coop & Bat a été symboliquement posée jeudi 20 juin à Bassens.
CT / La Tribune
« Ce projet prouve qu'il est aujourd'hui possible de construire de manière durable en métropole tout en créant de l'emploi », lance son directeur général Yannick Puisset. Créée en 2011, Coop & Bat réunit désormais 150 entrepreneurs-salariés. La coopérative repose sur un modèle d'entrepreneuriat intégrant tous les corps de métiers issus des secteurs du bâtiment et des travaux publics en Gironde, Dordogne et en Poitou-Charentes. Grand soutien du projet depuis ses débuts, Bordeaux Métropole voit d'un très bon œil son avancement : « Il fait partie des quatre secteurs priorisés, parmi lesquels on retrouve l'immobilier décarboné, l'économie de proximité, l'économie circulaire et l'écoconstruction avec l'habitat », précise Alain Garnier, Vice-Président de Bordeaux Métropole en charge de l'économie sociale et solidaire.
L'initiative s'inscrit aussi dans l'optique de l'opération d'intérêt métropolitain (OIM) Arc Rive Droite, regroupant onze communes situées sur la rive droite de la métropole bordelaise. L'un de ses initiateurs, Alexandre Rubio, conseiller communautaire de Bordeaux Métropole et également maire de Bassens, « le projet contribue à l'objectif de l'OIM visant à rééquilibrer l'emploi entre les rives gauche et droite. » À ce jour, le ratio d'emploi sur la rive droite est inférieur de 13 % par rapport à la rive gauche, selon Bordeaux Métropole. Mais l'élu ne s'arrête pas qu'à l'emploi. « Les artisans du coin avaient besoin de locaux accessibles, on a construit une trentaine de cellules pour faciliter le travail, ainsi que des pavillons d'habitation dans les environs », indique Alexandre Rubio. Une dynamisation du territoire qui passe par l'aménagement d'espaces adaptés aux besoins des locaux.
« Ce projet, c'est un terrain expérimental utilisé pour développer des techniques et démontrer à l'ensemble de la filière BTP ce qu'il sera possible de faire plus tard », affirme Étienne Henry, un des architectes du collectif MoonwalkLocal, chargé de construire le siège social de la coopérative. Parmi les éléments composant la structure, le réemploi représente plus de 5 % du coût de construction, tous matériaux confondus.
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Néanmoins, le stockage de ces matériaux reste un obstacle majeur malgré l'avenir du réemploi dans la construction. « Il faut développer les lieux de stockage pour favoriser les projets. Heureusement, la métropole travaille en ce sens », relate l'architecte, avec notamment une plateforme en développement à Mérignac. Les éléments naturels sont donc privilégiés pour la construction du bâtiment. La paille sera utilisée pour réaliser l'isolation avec l'aide d'enduits de terre, au lieu de faire appel à la traditionnelle laine de verre. « La paille est un élément naturel très performant dans l'acoustique et pour le déphasage thermique, pour amortir et réguler les différences de températures entre l'été et l'hiver », explique Étienne Henry. Le rez-de-chaussée du bâtiment se voudra inclusif et ouvert, pour favoriser la convivialité. L'étage abritera, lui, une dizaine de bureaux dédiés au bon fonctionnement de la coopérative solidaire. La livraison du bâtiment est prévue pour le printemps 2025.
Corentin Teissier