« En réalité nous sommes des pompistes de KWh, c'est comme cela qu'il faut nous voir ! », résume Pierre Siu, le cofondateur et président de Greenspot. Cette petite entreprise bordelaise fondée en 2016 n'est ni un fabricant, ni un installateur mais un intégrateur de points de recharge électrique : « On assure le conseil, le suivi des travaux, la mise en service et l'exploitation de la borne de recharge de nos clients et désormais en compte propre », poursuit le dirigeant qui avait peu fait parler de lui depuis la première levée d'un million d'euros bouclée en 2018. Mais six ans plus tard, l'entreprise de sept salariés exploite déjà « un millier de points de charge en France, dont 40 % en Nouvelle-Aquitaine » pour un peu moins d'1,5 million d'euros de chiffre d'affaires. Mais surtout elle vient de se donner les moyens de nourrir de grandes ambitions sur le marché de la mobilité électrique avec une approche résolument frugale et territoriale.
Greenspot annonce ainsi, ce mardi 25 juin, un tour de table de 30 millions d'euros auprès du fonds d'investissement breton Epopée Gestion, via son véhicule Epopée Infra Climat I, et du fonds d'investissement occitan OCCTE, via son véhicule Occigen. « De quoi déployer 8.500 bornes de recharge d'ici 2030 dans des sites ouverts au public dans le tissu urbain et périurbain des villes moyennes », déroule Pierre Siu. « Ces territoires ont moins de transports en commun mais restent pourtant un peu délaissés par les mobilités électriques. Nous y avons identifié un fort potentiel de marché ! » La startup bordelaise, qui s'approche de la rentabilité, est appelée à changer de dimension puisqu'elle annonce un objectif de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2030 avec un effectif d'une centaine de personnes et un parc de près de 10.000 points de charge.