Peu connu du grand public, Lectra participe pourtant avec son parc de 8.000 machines en activité à la fabrication de près d'un vêtement sur deux dans le monde, de plus d'un siège de voiture sur deux et de plus de 70 % des airbags. Créé il y a 51 ans, le groupe est historiquement un spécialiste de la découpe industrielle de tissus pour l'automobile, l'ameublement et la mode, qui pèse à elle seule la moitié de son activité. Il emploie aujourd'hui 3.000 salariés, dont près d'un tiers à Cestas, en Gironde, pour 520 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier.
Avec 95 % de son activité réalisée à l'export dans une centaine de pays, l'ADN du groupe dirigé par Daniel Harari est résolument international. Mais l'autre marqueur c'est sa capacité d'innovation : « Nous avons investi 62 millions d'euros dans la R&D en 2023, soit 12 % de notre chiffre d'affaires [contre 1,6 % en moyenne pour les ETI françaises en 2021, NDLR]. C'est davantage que nos dix plus gros concurrents réunis ! », vante le PDG qui fixe le cap : « Être un acteur clef au niveau mondial sur nos trois marchés d'ici 2030. » Et pour y arriver, le groupe a mené huit acquisitions depuis 2017 dans le cadre de cette stratégie, dont son principal concurrent Gerber Technology en 2021, et abat ce jeudi 11 octobre sa carte maîtresse avec sa nouvelle plateforme logicielle « Valia Fashion ». Une évolution qui incarne clairement la vision de l'entreprise tricolore : « La valeur de Lectra ce n'est pas nos machines, c'est les logiciels et services intégrés à ces machines. »