LA TRIBUNE - La publication de la foire aux questions de la Commission européenne confirme-t-elle la complexité des nouveaux reportings extra-financiers CSRD ?
Pierre BARET - Comme toute directive européenne, la norme CSRD est assez complexe. Surtout, elle s'applique à un périmètre plus large que la précédente, car les seuils ont été abaissés. De fait, près de 50.000 entreprises européennes sont touchées par l'obligation, contre 11.000 précédemment. L'exercice peut donc s'avérer déroutant pour les PME, qui ne sont pas forcément structurées pour faire du reporting extra-financier mais auront à appliquer la norme au 1er janvier 2026. Un reporting supplémentaire implique forcément du travail administratif en plus et la complexité est variable selon les organisations. Mais les entreprises motivées pour répondre à la CSRD vont le réaliser, tout comme elles réalisent déjà sans difficultés des reportings financiers à l'adresse de leurs actionnaires.
Qui seront les destinataires de ce reporting extra-financier ?
Il doit être théoriquement présenté à toutes les parties prenantes de l'entreprise, mais en pratique peu de personnes vont le lire... Les financeurs, notamment institutionnels, vont sans doute s'y intéresser mais davantage dans la logique de savoir en quoi les enjeux sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés l'entreprise peuvent impacter son activité. Il est à espérer que les ONG, des associations de citoyens ou des particuliers un peu curieux se penchent dessus pour inciter les entreprises à se pencher réellement sur les conséquences de leurs activités.