Comment ajouter 30.000 m2 de surfaces commerciales, 15.000 m2 de restaurants et loisirs et 12.000 m2 d'hôtels en plein cœur de ville sans perturber les équilibres existants ? C'est cette délicate équation que doit résoudre le promoteur Apsys s'il veut réussir l'insertion de son futur quartier Canopia à Bordeaux. Au total, ce sont 70.000 m2 de surfaces bâties qui doivent sortir de terre à l'horizon 2027 de part et d'autre d'une nouvelle rue piétonne commerçante de 600 mètres de long sur 19 de large entre la gare Bordeaux Saint-Jean et les quais de la Garonne.
Présenté comme « un geste authentiquement haussmannien reprenant tous les codes de l'architecture bordelaise du 18e siècle », Canopia sera aussi « un jardin commercial » mêlant 350 arbres et une offre commerciale aussi pléthorique qu'attractive. « Le commerce est un véritable outil de rénovation urbaine », martèle ainsi Maurice Bansay, le président et fondateur d'Apsys, un aménageur spécialisé dans les programmes ambitieux de ce type. « Nous nous projetons dans le temps long et nous aurons réussi Canopia si le quartier est accepté et apprécie par les Bordelais », ajoute-t-il en tant que propriétaire et gestionnaire de l'intégralité des surfaces.
Apsys a donc théoriquement et juridiquement toute latitude pour choisir les enseignes qui s'installeront à Canopia. Mais pour se faire accepter, mieux vaut ne pas se mettre les voisins à dos, particulièrement le tissu économique. À la demande de la mairie, Apsys a donc créé dès 2021 un « comité des enseignes » associant la CCI Bordeaux Gironde, la Chambre des métiers et de l'artisanat et l'établissement public d'aménagement Bordeaux Euratlantique. « C'est une démarche unique parce qu'elle est très participative et intervient très en amont du projet », présente François Agache, le directeur général développement et opérations d'Apsys.