Cigarettes de contrebande : le ras-le-bol des buralistes de Nouvelle-Aquitaine
Emmanuel Langlois
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Ils sont un petit groupe de buralistes ce lundi matin sur le parvis de la gare Saint-Jean à Bordeaux. Comme dans une quarantaine de départements français, ils distribuent des tracts et engagent la conversation avec les passants. La date ne devait rien au hasard : c'est ce lundi en effet que débute le nouvel examen par les députés du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, qui décide notamment des hausses des prix du tabac. « Le marché parallèle est grandissant, s'alarme Antoine Bairras, le président de la fédération des buralistes de Gironde. On est passé de 3 % en 2003 à 43 % l'an dernier. Qui pourrait se passer aujourd'hui de 43 % de ses revenus ? »
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Depuis la crise du Covid-19, les buralistes affirment en effet qu'il est beaucoup plus facile de s'approvisionner grâce aux réseaux sociaux. « Le client est perdu, ajoute Antoine Bairras, lui-même buraliste dans le centre de Bordeaux. Les épiceries de nuit par exemple sont ouvertes légalement mais elles vendent illégalement du tabac de contrebande ou de contrefaçon.» Les professionnels dénoncent aussi le risque sur la santé publique de ces cigarettes fabriquées sans aucun contrôle sanitaire dans des entrepôts clandestins. Preuve d'un sentiment d'impunité selon Antoine Bairras, « on retrouve aujourd'hui des vendeurs à la sauvette jusque dans les files d'attente des magasins où ils viennent chercher des clients pour leur proposer la marchandise directement dans le coffre de leur voiture. » Pour tenter d'enrayer ce fléau, les douanes ont créé un site internet, « Stop trafic tabac », où les buralistes peuvent dénoncer ces infractions.
Emmanuel Langlois