Sept ans après la LGV, pas de miracle économique entre Tours et Bordeaux
Nicolas Beublet
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Châtellerault (Vienne) et Ruffec (Charente), élus, acteurs économiques, associations et chercheurs ne constatent pas de miracle économique après la mise en service de la LGV.
Les villes qui « voient la LGV passer » jouissent-elles du dynamisme économique promis ? À Châtellerault (Vienne) et Ruffec (Charente), élus, acteurs économiques, associations et chercheurs ne constatent pas de miracle économique.
Entre Châtellerault et la LGV Sud Atlantique qui relie Paris à Bordeaux, inaugurée il y a sept ans, l'histoire est loin d'être fluide. La ligne ne s'arrête qu'à Poitiers, la préfecture du département, distante d'une trentaine de kilomètres, et passe à 10 kilomètres à l'ouest de Châtellerault.
Pas de quoi changer le quotidien de David Lemaire, dirigeant d'une entreprise de métallurgie de 120 salariés dans le bassin industriel du Grand Châtellerault : « Pour notre activité, avec 90 % d'exportation dans le monde entier, ce sont des flux de transport avec les camions qui comptent. La LGV n'est ni une infrastructure qui facilite l'activité économique, ni qui la ralentit. C'est neutre. »
Une desserte dégradée
Depuis 1990 déjà, le TGV Atlantique relie Châtellerault à Paris. En 2010, la communauté d'agglomération du Pays châtelleraudais (CAPC) s'engage dans le financement de la nouvelle LGV en échange du maintien de sa desserte TGV sur l'ancienne ligne. En 2015, alors qu'elle a déjà versé 3,3 millions d'euros , elle suspend ses versements devant la remise en cause des engagements par la SNCF.
Deux ans plus tard, lors de la mise en service de la nouvelle infrastructure, la desserte de TGV à Châtellerault s'avère effectivement dégradée : les possibilités d'aller-retour jusqu'à la capitale ont été réduites de 6 à 5 par jour. Et il n'y a plus de TGV direct vers Bordeaux, nouvelle capitale régionale. Pour autant, cette dégradation n'a pas eu d'effet économique sur l'agglomération, qui fonde plutôt son assise économique sur sa culture industrielle et bénéficie d'une conjoncture favorable : « On a un taux d'emploi salarié dans l'industrie de 40 %. Et une dynamique industrielle post-covid forte, qui a fait baisser le taux de chômage à 7,6 % », expose Laurence Bertrand, responsable du service entreprise au niveau de la communauté d'agglomération de Grand Châtellerault.
« Pour les implantations d'entreprise de type industriel, on me parle plutôt du réseau autoroutier. » Et Châtellerault est bien placée : entre l'Espagne et le reste de l'Europe, capable de desservir toute la façade atlantique de Nantes à Biarritz.
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