« On ne pourra pas éviter la casse » : l’économie du cognac frappée par la guerre commerciale
Maxime Giraudeau, dans le cognaçais
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Selon les viticulteurs les plus prudents, il faut garder la tête froide en période de crise. Tout le temps même. Car le vent peut tourner vite dans les deux sens. Et comment fait-on ? « En allant dans les vignes. » L'astuce est formulée par Fanny Fougerat, une viticultrice de 46 ans qui illustre la dépression subie par les domaines charentais producteurs de cognac. Ses ventes en volume et en valeur ont fondu de 30 % en deux ans. Liée par des contrats d'approvisionnement avec les grandes maisons, la vigneronne installée sur 50 hectares sait que 2025 sera l'année des révisions à la baisse.
Heureusement, elle peut compter sur sa marque indépendante de « cognac d'auteur » qu'elle s'en va faire connaître sur les marchés français et internationaux. Ce n'est toujours que 20 % de son activité. Et cela reste une exception, à l'heure où la viticulture produit plus qu'elle ne vend. « La région va souffrir. Voir des domaines qui ferment, c'est peut-être inévitable », observe-t-elle. Et ajoute ce que tout le monde partage sur le territoire du premier spiritueux européen : « Si la crise cause la disparition de domaines et de savoir-faire, c'est quand même dramatique. »
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La fin de l'âge d'or se fait jour aussi sur le domaine de Franck Monier, à la tête de la maison Le Palin. Le gérant a perdu 450 000 euros de chiffre d'affaires, sur 2 millions annuels, depuis le retournement de situation. Pour freiner la surproduction, l'interprofession a divisé par deux les rendements de production autorisés. « On rationalise toutes les dépenses, annonce le viticulteur. Avec un rendement de 8,5 hectolitres d'alcool pur par hectare, on peut tenir. À 7, comme la filière l'a voté cette année, ça va être compliqué. » Il y encore deux ans, le rendement autorisé se portait à 13,5 hectolitres par hectare.

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