REPORTAGE. Volvo Renault Trucks Limoges a mis au point une technologie innovante pour rénover plusieurs fois les filtres à particules des poids lourds. Cette boucle d'économie circulaire permet de réduire l'impact environnemental et de préserver les ressources, en particulier les métaux rares.Dans cette usine pilote, les moteurs, boîtes de vitesses, filtres à particules, capteurs Nox (oxydes d'azote), injecteurs, mufflers (échappements) et sous ensembles des camions du groupe Volvo retrouvent une seconde vie grâce au remanufacturing (remise à neuf). Pour l'industriel, une étape supplémentaire dans ce processus de rénovation a été franchie en mettant au point, voilà déjà quatre ans, une technologie unique au monde pour rénover les filtres à particules des échappements.
Jusqu'à présent, ils ne pouvaient être rénovés qu'une seule fois. En investissant 1,4 million d'euros dans son outil industriel, Volvo Renault Trucks est désormais capable de prolonger la durée de vie des filtres à particules. « Nous avions stocké 12 000 filtres en deux ans le temps de concevoir cette machine, explique Stéphane Covasson, directeur du site. Les filtres à particules arrivent à l'usine encrassés par des suies, il faut les éliminer en les brûlant, souffler les filtres et aspirer. Cette machine nous permet de tester la performance catalytique du filtre, de savoir si on peut ou pas le remettre sur le marché. Les résultats sont déjà meilleurs qu'espérés après le deuxième nettoyage, ce qui est prometteur. Nous ignorons la limite du nombre de nettoyages, trois fois, quatre, cinq... »
Cet équipement conçu en interne permet de mesurer avec précision le niveau de conversion chimique des gaz d'échappement, ce qui prolonge l'usage des filtres, des pièces très coûteuses à l'état neuf. Après rénovation, les performances sont identiques à la pièce d'origine. Sur un poids lourd, cette opération est nécessaire tous les trois à quatre ans, soit tous les 500 000 kilomètres. Lorsqu'un filtre ne répond plus aux critères d'exigence du constructeur, les matériaux qu'il renferme sont valorisés à 85 %.
Corinne Mérigaud, à Limoges