Pharmacies de proximité : la désertification silencieuse
Emmanuel Langlois
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La pharmacie de Ribérac, en Dordogne, peine à recruter.
EL / La Tribune
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La pharmacie de Ribérac, en Dordogne, peine à recruter.
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« Recherche beau gosse, grand, bronzé, bien musclé, sexy, attentionné et drôle ». La pharmacie de Ribérac, en Dordogne, a misé sur l'humour pour tenter de recruter un nouveau pharmacien. Postée sur les réseaux sociaux, l'offre d'emploi a rapidement été vue des centaines de milliers de fois. « Cela fait cinq ans qu'on met des annonces et personne ne réagit, on s'est dit « pourquoi pas ? », raconte Nathalie Sala, l'une des pharmaciennes. En 48 heures, nous avons reçu cinq CV très sérieux, même si pour l'instant aucun ne souhaite s'engager sur un poste fixe. Ils ne veulent pas faire leur vie ici. »
Ce buzz temporaire sera-t-il payant à long terme ? Ce serait une aubaine pour les 700 clients quotidiens de la pharmacie mais le problème est plus profond, relève Maxence Bonneau, propriétaire de la pharmacie de Ribérac : « Le métier n'attire plus. Même avec un salaire de 2 500 euros pour débuter et un 13ème mois, les jeunes n'accrochent plus. C'est une question de société. » Grâce à des financements privés, Ribérac s'est pourtant doté d'un pôle de santé unique en Nouvelle-Aquitaine. Il rassemble une douzaine de kinés, infirmiers, médecins, psychologues, diététiciennes, sage-femmes et aussi une gynécologue.
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Mais le problème dépasse la Dordogne : une pharmacie disparaît presque tous les jours en France, soit 260 au total sur toute l'année 2024. Selon un sondage récent commandé par l'USPO (Union des syndicats de pharmaciens d'officine), 40 % des pharmaciens de proximité se disent prêts à fermer dans les cinq ans. Rien qu'en Nouvelle-Aquitaine, depuis le début de l'année, onze pharmacies ont fermé, dont six en Charente et Charente-Maritime.
Emmanuel Langlois