Un an après un avis très critique, l'Autorité environnementale a réexaminé le projet de Flying Whales et de son usine de dirigeables en Gironde. Malgré la qualité de l'étude d'impact, le nouvel avis est sans appel : le projet ne répond pas au droit de l'environnement à cause de son trop grand impact sur la biodiversité.Les avis de l'Autorité environnementale font souvent grand bruit alors qu'ils permettent d'ordinaire aux porteurs de projet de connaître les failles de leur dossier d'implantation afin de le consolider. Mais cette fois, l'avis adressé à Flying Whales sonne comme un désaveu cinglant. Dans son avis délibéré rendu le 24 octobre 2024, l'autorité enfonce le clou quant à la remise en cause de l'arrivée du constructeur aéronautique sur une zone humide et forestière de 75 ha en Gironde.
« Des compensations à la hauteur de la dette écologique que générerait le projet de Zone d'activités économiques, eu égard à la richesse particulière de ces milieux naturels, ne sont à ce stade pas atteintes et ne paraissent pas atteignables ; par conséquent, le projet ne saurait être autorisé en l'état », avise l'Ae qui juge le projet incompatible avec le droit environnemental. Et recommande donc « de rechercher avec le concours de la Direction générale de l'aviation civile une autre localisation ».
Laruscade sinon rien
Suite à l'avis exprimé en octobre 2023, Flying Whales avait pourtant largement remanié son étude d'impact pour diminuer son empreinte environnementale sur le site et maximiser les compensations. Malgré « des avancées indéniables » sur la gestion des eaux et la compensation, l'étude d'impact présentée ne suffit pas, selon l'Ae, à respecter l'incontournable séquence ERC pour Éviter, Réduire, Compenser. Une réglementation qui impose aux porteurs de projets d'éviter les sites à fort enjeu environnemental, puis de réduire leur impact et enfin de compenser les impacts résiduels.
« Nous avons étudié de nombreuses localisations. La plupart a été éliminée à cause de la réglementation aérienne, puis l'une des communes retenues a préféré conserver ses terrains pour un usage agricole. Le site de Laruscade avait été présélectionné par la Région car il est situé sur un bassin en difficulté économique et en besoin d'emploi », se justifiait Sébastien Bougon, le président de la société, en juin dans nos colonnes.