Pour AeroSpline, qui travaillait à 90 % pour des clients dans le domaine de l’aéronautique, la crise sanitaire est synonyme de baisse drastique de son chiffre d’affaires. Pour autant, la société bordelaise, qui conçoit des robots collaboratifs (cobots), avait anticipé une diversification dans le domaine du BTP notamment en signant une collaboration avec le groupe Cassous, également bordelais. Le gérant d’AeroSpline se veut donc résolument optimiste."En début d'année, nous imaginions réaliser un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros en 2020. Nous devrions finalement descendre à 400.000 euros", reconnait d'emblée Maxime Hardouin, dirigeant de l'entreprise AeroSpline, dont le siège est basé à Bruges dans la métropole bordelaise. L'explication est limpide. L'entreprise spécialisée dans la création de robots de travail collaboratifs, dits cobots, réalisait jusqu'à présent 90 % de son activité dans l'aéronautique. "Nous avons, par exemple, équipé la ligne du futur de Figeac Aéro. Le couple robot/opérateur est beaucoup plus fiable qu'un robot seul. On sait aussi repolir les verrières du Rafale à Poitiers", explique Maxime Hardouin.
L'aéronautique étant particulièrement touché par la crise sanitaire, c'est donc tout naturellement que les commandes se sont arrêtées. "Nous avons signé en octobre notre première commande depuis mars. Il faut avoir les reins solides", avoue le gérant d'AeroSpline.
Touché mais pas coulé. Maxime Hardouin reste en effet résolument optimiste avec d'autres projets en tête, qui ne datent d'ailleurs pas d'hier.
"J'ai une grande culture aéronautique, et pour créer les machines que l'on fait, il faut connaître le métier. Mais si l'aéro allait très bien, j'ai déjà connu des accidents dans mon vécu d'ingénieur. Il était donc important pour moi de sortir de ce secteur non pas en l'abandonnant mais en utilisant notre savoir-faire pour aller vers d'autres secteurs", assure Maxime Hardouin.
Nouvelle collaboration avec le bâtiment
C'est ainsi, qu'avant la crise, il a commencé à travailler pour le monde viticole et imagine en particulier pouvoir résoudre des problématiques en matière de logistique. "Il y a beaucoup de portage de charge", assure Maxime Hardouin qui a également commencé à aborder les acteurs de la construction navale.
Mais, c'est avec le secteur du bâtiment que la concrétisation est la plus probante. A l'issue de deux ans de travail avec le groupe bordelais Cassous, une collaboration a été officialisée en mars autour du projet de robotisation Exelite. Il s'agit de développer des cobots mobiles et articulés permettant de prendre en charge les travaux de désamiantage, l'objectif étant de réduire l'exposition des salariés.