Haute intensité, drones, mobilisation : ce que l’armée de terre a appris de l’Ukraine
Pierre Cheminade
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Le retour de la guerre de haute intensité en Europe depuis 2022 est scruté de près par les forces armées du Vieux Continent tant les enseignements du conflit russo-ukrainien sont nombreux. À commencer par l'usage massif des drones, qui constituent désormais une menace permanente pour les troupes au sol. Créé en 2023 pour mener des travaux prospectifs au sein de l'armée de terre, le Commandement du combat futur (CCF) dépeint ainsi une « dronisation du champ de bataille » lors d'une intervention sur le combat terrestre en 2040 lors du salon Combaterre, organisé en Gironde les 3 et 4 avril.
« On parle désormais de combat aéro-terrestre en environnement saturé de drones, détaille le colonel Martin Doithier, membre du CCF. On estime qu'entre 70 et 80 % des pertes humaines [sur le front ukrainien] sont causées par des drones ». Ces drones sont d'ailleurs perçus comme un vecteur complémentaire et non de remplacement des armements existants, tels que l'artillerie et les véhicules blindés.
D'autant qu'en plus de leurs capacités offensives, les drones sont aussi un maillon supplémentaire de la chaîne du renseignement terrestre, aérien, spatial et cyber. Ces outils quadrillent désormais la ligne de front et identifient tous les déplacements et émissions électro-magnétiques sur une vingtaine de kilomètres de profondeur.
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Un atout autant qu'un défi : « Le champ de bataille de demain sera bien plus transparent, mais cela entraîne aussi la génération d'un volume de données gigantesque qu'il faut être en mesure d'exploiter au risque d'une surcharge d'informations aux échelles tactiques et opérationnelles », prévient le militaire français. Une surcharge que les outils d'intelligence artificielle seront amenés à réduire ou à optimiser.
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