REPORTAGE. Au salon des forces spéciales, 63 pays ont fait leur marché auprès de start-up, PME et grands groupes. Porté par des cycles d’innovation plus courts et un contexte géopolitique inflammable, le délai de livraison des équipements est devenu décisif.Filtre en amont et à l'entrée, passage obligé par un portique de sécurité avant de prendre une navette pour accéder aux lieux d'exposition et de démonstration. Le camp militaire de Souge en Gironde était sous haute surveillance la semaine dernière à l'occasion de la 7ème édition du Sofins, un événement bi annuel de rencontre entre les forces spéciales et leurs fournisseurs d'équipements et d'armements.
« La technologie avance vite »
Pendant trois jours, des start-up, PME et grands groupes industriels ont présenté leurs innovations : armes de dernière génération, tenues de camouflage, véhicules et hélicoptères, drones, ou encore robots et outils numériques à base d'intelligence artificielle. « Il n'y a que de l'innovation. Je chasse l'innovation. Quand je vais au CES à Las Vegas, c'est pour voir comment il serait possible de détourner l'usage d'un produit pour l'adapter au monde militaire », insiste Benoît de Saint-Sernin, président du Cercle de l'Arbalète, l'organisateur du Sofins.
Le robot terrestre quadrupède doté de briques d'autonomie, le Ghost Robotics, capable d'embarquer des charges utiles pour du déminage notamment, était ainsi en démonstration dans les allées du salon. L'entreprise Terrang MP-Sec présentait aussi un dispositif de lumière invisible pour transmettre une voix ou une donnée sans être détecté, écouté ou brouillé. « La technologie avance vite. A chaque fois, qu'il y a une mesure, une contre-mesure est développée et elle ne sera peut-être plus active six mois plus tard. Il faut être en recherche technologique permanente », explique Louis Tidey, directeur commercial de Terrang MP-Sec, près de Toulouse.
Hélène Lerivrain, au camp militaire de Souge (Gironde)