Immobilier : en Nouvelle-Aquitaine, les banques musèlent leurs taux

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
L'emballement des taux d'intérêts dans l'immobilier, pronostiqué par certains depuis plusieurs mois, n'a pas eu lieu et le courtier Emprunt Direct, à Bordeaux, fondé et dirigé par Alban Lacondemine, confirme la grande prudence des banques dans leur stratégie commerciale. Comme le souligne le dirigeant d'Emprunt Direct, c'est parce qu'aucune tendance décisive ne s'impose encore dans l'orientation des taux et qu'elles entrent dans la première séquence annuelle de leur conquête commerciale dans l'immobilier que les banques jouent la prudence sur le marché de Nouvelle-Aquitaine. Les banques néo-aquitaines ont ainsi réajusté de quelques crans, de l'ordre de 0,05 %, le coût de leurs crédits à la baisse ou à la hausse. "Les taux ont enregistré de légers mouvements en Nouvelle Aquitaine en février, les établissements souhaitant mettre en avant des grilles plutôt attractives à l'orée du premier temps fort de l'habitat, qui court de mars à juin", décrypte Alban Lacondemine. Autrement-dit le prix de l'argent pour emprunter dans l'immobilier reste très abordable.
Un bon dossier d'emprunt immobilier à 20 ans se négocie ainsi à 1,50 %, un très bon dossier à 1,40 % et un dossier excellent à 1,30 %. Il faut compter 1,15 % sur 10 ans pour un bon dossier, 0,95 % pour un très bon dossier et 0,80 % pour un dossier excellent. A l'autre extrémité du tableau, pour une durée de 30 ans, un bon dossier se négocie à 2,70 %, un très bon dossier à 2,60 % et un dossier excellent à 2,35 %. Les taux sont principalement remontés sur des maturités à 25 ans, avec des bons et des excellents dossiers en hausse de 0,05 % (respectivement 1,70 % et 1,55 %).
C'est la remontée spectaculaire des OAT (obligations assimilables du Trésor - France) à 10 ans, entre septembre et décembre 2016, qui a convaincu de nombreux analystes que le retournement cyclique longtemps attendu démarrait enfin, mettant un terme à une baisse des taux devenue vertigineuse. Entre le 27 septembre et le 29 décembre 2016, le taux des obligations d'Etat est ainsi passé en France de 0,097 % -seuil qui marquait toutefois un plus bas- à 0,653 %. Toutes proportions gardées, la RFA (République fédérale d'Allemagne) a connu le même phénomène, ses obligations d'Etat passant de la valeur négative de -0,145 % le 28 septembre à + 0,399 % le 12 décembre 2016 !
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Le mouvement haussier s'est poursuivi en France jusqu'au 6 février 2017, avec un plus haut à 1,144 % avant que l'OAT parte à la baisse jusqu'à 0,884 % le 28 février. Un an plus tôt, le 6 mars 2016, l'OAT affichait un taux de 0,881 %, période calme. La RFA a connu une inflexion du même type. Après un plus haut le 26 janvier dernier, à 0,484 %, l'indicateur de ses obligations d'Etat a reculé à 0,228 % hier 27 février, malgré un petit sursaut à la hausse. Si la prudence reste de mise la flambée des taux d'intérêt n'a pas encore commencé.
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