Bordeaux Métropole : tension à la hausse entre maires et promoteurs immobiliers de la FPI

Jean-Philippe Déjean

portrait
Agence Appa

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"Nous ne comprenons pas comment ce courrier a pu fuiter", commente-t-on dans les couloirs de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de Nouvelle-Aquitaine. Le document en question, qui s'est retrouvé sur le bureau du premier magistrat de Mérignac, Alain Anziani, n'est autre que le courrier adressé par Arnaud Roussel-Prouvost en début de mois au préfet de la Gironde, Didier Lallement, dans lequel le patron des promoteurs dénonce la politique malthusienne défendue par de nombreux maires de Bordeaux Métropole en matière de construction de logements. Un sujet au cœur de la dernière enquête que La Tribune, à Bordeaux, vient de consacrer au marché immobilier à Bordeaux Métropole, dans laquelle le président régional de la FPI dit toute l'inquiétude que lui inspire les postures anti-construction des maires métropolitains.
Des blocages politiques qui, selon Arnaud Roussel-Prouvost, mettent en danger l'application de la loi Elan portée par le gouvernement, dont l'un des objectifs centraux consiste à "construire plus, mieux et moins cher". Et dans son courrier au préfet le président de la FPI de Nouvelle-Aquitaine insiste sur l'ampleur du mouvement politique.
Pour être plus clair le président ajoute que "les promoteurs immobiliers produisent plus de 5.000 logements neufs par an sur la Métropole, dont 40 % de logements sociaux, ce qui représente environ 10.000 emplois". Dans sa dernière enquête La Tribune à interrogé de nombreux maires de la Métropole à ce propos. Pris à partie cette semaine par des habitants du quartier des Eyquems, à propos de la transformation d'une maison en six logements, comme le relate le quotidien Sud Ouest, Alain Anziani, maire (PS) de Mérignac, deuxième plus grande ville de Bordeaux Métropole, a remis ce sujet de l'urbanisation métropolitaine au menu du conseil de Bordeaux Métropole.
Joint par La Tribune ce vendredi matin il ne mâche pas ses mots :
Ainsi Alain Anziani estime que les promoteurs exagèrent. Les habitants ne veulent plus voir des constructions à trois, quatre ou cinq étages surgir dans des zones d'habitat diffus. Plus qu'une méchante équation politique à court terme, il s'agit pour lui d'une question de philosophie.
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Les promoteurs trouveront sans doute son argument sur la flambée du foncier spécieux mais Alain Anziani se veut réaliste. Il rappelle que l'urbanisme fait l'objet dans sa ville, comme dans beaucoup d'autres dans la Métropole, d'une charte et qu'il est possible de construire à condition "qu'il y ait de la nature", ce qui selon les projets peut aller jusqu'à exiger la plantation de 10.000 arbres. Bien conscient que ces besoins de construction ne viennent pas que de l'extérieur mais sont également nourris par des besoins internes à la ville, le maire dénonce un risque de minéralisation de l'espace. Et quand on lui demande de résumer en un mot le sentiment qu'inspire la construction de logements à ses habitants, il répond "exaspération"
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Jean-Philippe Déjean