Immobilier (Oiso) : forte baisse des ventes de logements neufs à Bordeaux Métropole

Jean-Philippe Déjean

Bordeaux
iStock

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Comme les professionnels de la promotion immobilière le pressentaient, le nombre de ventes de logements neufs a reculé à Bordeaux Métropole l'an dernier. Avec 4.117 ventes, cette baisse est même très marquée par rapport à 2017 (-29%). Dans ce domaine, l'année 2017 marque toutefois un plus haut historique, à 5.772 ventes, contre 5.708 en 2016. Parce que le volume moyen des ventes a été très nettement inférieur au cours des années précédentes, au point que le niveau de 2018 reste clairement supérieur à celui de 2015, où 3.802 logements neufs avaient été vendus.
Le marché immobilier métropolitain s'extrait de la zone rouge qui était encore la sienne en 2017, avec seulement six mois de temps de commercialisation, au ras d'une situation de pénurie, pour revenir à la normale à douze mois. Ces premiers résultats ont été présentés ce vendredi matin au stade Matmut Atlantique par Pierre Vital (Idéal Groupe), nouveau président de l'Oiso, et Nolwenn Malherbe, directrice de l'agence Adéquation Bordeaux, qui réalise la collecte et le traitement des données pour le compte de l'Oiso.
Ceci à l'occasion de la conférence professionnelle consacrée à l'activité de la promotion immobilière et du marché du terrain à bâtir en Gironde en 2018, en présence de François Cheminade, 1e vice-président de l'Oiso en charge du terrain à bâtir. Arnaud Roussel-Prouvost, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine était là, ainsi qu'un grand nombre de professionnels.
Une matinée introduite par Michèle Laruë-Charlus, en charge de la mission Bordeaux Métropole 2050, qui a souligné en particulier que l'enquête lancée auprès des habitants sur l'évolution de la Métropole d'ici trente ans avait réussi à toucher un public jeune, habituellement rétif à ce type de consultation. Les quatre scénarios appelés à encadrer l'évolution de la Métropole d'ici 2050 seront présentés le 29 mars au Hangar 14 à Bordeaux par Jacques Mangon, vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l'urbanisme réglementaire et de la stratégie foncière.
Avant que Nolwenn Malherbe ne pose la question de savoir si cette baisse des ventes est liée à une sous-alimentation du marché en produits. La réponse est négative. Avec 5.681 mises en vente, le marché immobilier métropolitain a bien été alimenté en 2018. Et ce recul touche tout le monde, aussi bien les investisseurs que les propriétaires occupants. Ainsi en 2018 les investisseurs se sont portés acquéreurs de 2.295 logements, contre 3.477 en 2017. De leur côté les propriétaires occupants ont acquis 1.822 logements en 2018, contre 2.295 en 2017.
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Alors qu'une grande partie des maires de la Métropole freine les programmes de constructions de logements, Bordeaux maintient sur ce plan une politique dynamique, qui passe dans 72 % des cas par l'aménagement concerté. Que ce soit le programme des Bassins à flot, qui arrive en fin de programme, celui de Bastide Niel, qui a démarré, ou encore de Brazza les exemples sont légions. A l'inverse les programmes concertés ne représentent que 28 % des constructions de logements dans les 27 autres communes de la Métropole, où domine le diffus.
Tout le problème vient des arbitrages que sont amenés à faire les investisseurs et les propriétaires accédants. Tandis que les premiers ont acheté à 4.001 €/m2 en 2018, les seconds se sont contentés de 3.654 €.
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En suivant une méthode à l'identique, Nolwenn Malherbe a ensuite suivi le parcours du propriétaire accédant qui va lui aussi être attiré par les bordures de la Métropole, comme Mérignac ou Villenave-d'Ornon. Sachant que certaines d'entre elles, comme Parempuyre, sont l'antichambre du cœur du Médoc, où les prix n'ont plus rien à voir avec ceux de la Métropole et permettent de s'acheter beaucoup plus facilement une maison, pour 250.000 euros... Au plan national Bordeaux n'est pas un cas isolé et reste, malgré le recul de l'an dernier, la 3e ville la plus vendeuse de logements.
Jean-Philippe Déjean