La construction de logements locatifs sociaux (LLS) est conditionnée par l'obtention par le bailleur social d'un agrément. Ce qui différencie ce marché de celui de la promotion immobilière et change son mode de lecture. Une particularité soulignée par Julien Costille, vice-président de l'Observatoire immobilier du Sud-Ouest (Oiso), à partir des chiffres de l'Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine, lors de la présentation de l'évolution des constructions de logements locatifs sociaux en mars dernier dans les locaux de l'Inseec Bordeaux.
Si le marché des constructions neuves au sens de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) ne va pas bien, celui des logements locatifs sociaux, encore plus dépendant des décisions politiques, ne se porte pas mieux. Un marché dont le paramètre de lecture clé reste l'évolution des agréments.
Les chiffres dévoilés montrent ainsi que l'affaissement du nombre de logements locatifs sociaux agréés, ayant donc leur feu vert pour être construits, remonte en Gironde à la crise du Covid-19 tout en s'inscrivant dans une courbe en recul depuis 2018. Au départ le mouvement était peu perceptible puisqu'en 2018, avec 5.174 agréments, le nombre de ces bâtiments à construire agréés dans le département n'était en recul que de -4 % par rapport à 2017 (5.394). La rupture se situe clairement entre 2018 et 2019, quand le nombre logements locatifs sociaux agréés a chuté de -14,8 %, soit un manque à gagner de 766 constructions !