Bayonne, Biarritz, Anglet. Cette année encore ces trois villes basques, tout comme le village de Guéthary, caracolent en tête du classement de l'association « Villes et Villages où il fait bon vivre ». Des récompenses faisant la fierté des habitants et des responsables politiques, mais qui sont aussi critiquées par peur de l'accentuation de la crise du logement. Celle-ci ne date pas d'hier dans cette région touristique et attractive, où la population a progressé de 9,6% au cours de la dernière décennie. Des tags « Euskal Herria ez da salgai » (« le Pays basque n'est pas à vendre ») ont fleuri visant ces nouveaux habitants, mais avant tout les nombreux propriétaires de résidences secondaires, dont, toutefois, « la moitié réside dans la région » précise l'Insee. Après une première manifestation en novembre 2021, 3.500 personnes ont défilé le 1er avril dernier à Bayonne pour demander aux pouvoirs publics d'agir davantage.
Si la hausse des prix a été générale dans les Pyrénées-Atlantiques depuis ces dernières années, sur la côte où se concentrent les emplois, elle est telle que de plus en plus de personnes sont contraintes de s'installer dans les Landes ou les communes du Pays basque intérieur. En 2022, la hausse moyenne du prix d'un appartement dans le département a encore été de 16,5 % selon la chambre des notaires (chiffres à fin novembre). Toutefois, le tarif médian de 3.510 euros/m2 cache des disparités fortes, entre 690 euros/m2 à Mourenx, proche de Pau, à plus de 8.000 euros/m2 à Biarritz en front de mer. De même, dans le département, le prix médian est de 260.000 euros pour une maison ancienne, en hausse de 8,3 % sur un an, mais il n'est plus rare d'approcher le million d'euros sur la côte basque où le prix médian a encore bondi de 16 % à 662.000 euros, soit un niveau plus élevé qu'à Bordeaux ! À Biarritz, il est atteint même 995.000 euros, en hausse, là-encore, de 16 %.
De même, d'après l'observatoire des loyers, le loyer médian dans ce territoire où plus de sept ménages sur dix peuvent prétendre à une HLM est de 10,5 euros/m2, soit le même niveau qu'à Strasbourg ou Toulouse.