Elaboré dès le mois de septembre 2020, deux mois seulement après l'élection de Pierre Hurmic à la mairie de Bordeaux, puis dévoilé au printemps 2021, le label du Bâtiment frugal bordelais (BFB) était présenté comme un marqueur politique de la municipalité écologiste. Ses 42 critères, dont 22 obligatoires, devaient prouver qu'il est possible de concevoir et construire des logements en consommant moins de ressources tout en garantissant une meilleure qualité d'usage. Plusieurs démonstrateurs étaient annoncés à court terme pour concrétiser cette nouvelle ville « frugale ». Mais trois ans plus tard, on attend toujours le premier bâtiment labellisé.
Un temps désigné comme premier lauréat le plus probable, l'îlot Piéchaud d'Ideal Groupe a finalement été mis hors-jeu. Malgré un permis de construire modificatif engagé volontairement pour tenter de décrocher le label, le programme était trop avancé pour se qualifier. Une absence de réalisation qui offre un boulevard à l'opposition : « Ce label est une coquille vide ! On ne construit pas des logements avec des labels normatifs mais en négociant des opérations concrètes avec des promoteurs. Or, cette majorité n'a pas de vision urbaine », attaque Fabien Robert (Modem), mettant en avant les grandes opérations de l'ère Juppé. « Les gens ne veulent plus qu'on construise n'importe quoi à côté de chez eux », rétorque Stéphane Pfeiffer, l'adjoint au maire chargé de l'urbanisme résilient, du service public de l'habitat et de l'économie sociale et solidaire, lui-aussi en référence à ces grandes opérations urbaines.