Six grandes zones d'activités vont devenir des lieux de vie le long de la rocade bordelaise, intégrant logements, commerces et espaces verts. La Métropole lance une consultation inédite pour penser la mixité des entrées urbaines délaissées.On ne l'appelle pas la « France moche » - comme le fait l'État - mais on en pense pas moins. À Bordeaux Métropole, le moment est venu pour les élus de penser différemment les zones d'activités d'entrée de ville, de bord de rocade, celles où l'on passe le moins de temps possible seulement pour satisfaire quelques achats, où l'on ne se rend que pour travailler, qui accentuent l'étalement urbain et attisent des ilots de chaleur faits de tôles ondulées.
« C'est dans ces zones que nous pourrons continuer à offrir du logement, des capacités d'emploi et des lieux de respiration sur notre territoire », sait Christine Bost, présidente (PS) de Bordeaux Métropole, désireuse de « travailler la mixité fonctionnelle » des nouveaux espaces.
Face aux enjeux de réduction de la consommation foncière et aux attentes des jeunes actifs, la collectivité veut s'appuyer sur ces ensembles décentrés pour continuer à bâtir une ville désirable. Ce 8 juillet, elle a lancé une « consultation internationale » auprès de grands cabinets d'architectes et d'urbanisme, mais aussi d'aménageurs, écologues et anthropologues. La présentation a eu lieu à Bordeaux en présence d'un public local mais aussi parisien. Six zones sont retenues, regroupées en trois lots (Bordeaux Lac et Hauts de Garonne / Aéroport et Campus / Centres commerciaux Rives d'Arcins et Auchan Bouliac) pour ainsi former 7 000 hectares d'espaces à recomposer.
Les jeunes tentés par les zones commerciales
Les groupements qui vont se constituer et candidater auront jusqu'au 19 septembre pour présenter leur conception de la « porte métropolitaine ». Les trois lauréats, un par lot, seront sélectionnés sur cette base très philosophique puis révélés en fin d'année avant de plancher sur les plans dès janvier 2026. Un calendrier accéléré, volontairement mis sur pied par la Métropole pour éviter de se retrouver dans une forme d'immobilisme à moins d'un an des élections municipales.