Bordeaux Métropole lance une vaste démarche pour identifier les nouveaux quartiers où loger les 10 000 nouveaux habitants qui s'y installent chaque année, alors même que la construction neuve s'effondre.
Aux côtés de l'Hérault et la Haute-Garonne, la Gironde est l'un des départements français qui gagnent le plus de nouveaux habitants chaque année, avec 18 000 arrivées, dont une grosse moitié dans l'agglomération bordelaise. Mais les années 2010 fastes pour la construction neuve, avec une série de grandes opérations d'aménagement et de renouvellement urbain (Bassins à flot, Ginko, Euratlantique, Bastide Niel, etc.), ont laissé la place depuis 2022 à la crise historique qui frappe la promotion immobilière dans tout le pays. Seulement 1 223 logements neufs ont été vendus l'an dernier à Bordeaux Métropole, soit 57 % de moins qu'en 2021, et 80 % par rapport au pic historique de 2017.
C'est dans ce contexte très contraint que Bordeaux Métropole initie une nouvelle réflexion pour se projeter à l'horizon 2030. Une manière de relancer la machine après avoir sorti le chèque l'an dernier pour soutenir le logement social. Baptisée « Métropole à vivre », cette démarche vise à identifier de futurs gisements fonciers : « Il y a encore des terrains de jeu dans l'agglomération pour dessiner un nouveau projet urbain, notamment en repensant les zones commerciales, les zones d'activités économiques ou encore le secteur du parc des expositions », esquissait Christine Bost, la présidente de Bordeaux Métropole il y a quelques semaines.
A ce stade, « six grandes familles de projets » ont été présentées par la Métropole le 6 mars dernier, dont deux feront l'objet d'avancée dès cette année. D'une part, il s'agit des six « portes métropolitaines » qui, schématiquement, ciblent les communes de première couronne où se déploient déjà les opérations d'intérêt métropolitain Bordeaux Aéroparc, Bordeaux Inno Campus, l'Arc Rive Droite ou encore le futur quartier de La Jallère. Une consultation internationale d'architectes et d'urbanistes doit être lancée dès l'été 2025 pour dessiner l'avenir de ces portes métropolitaines. L'objectif étant de restituer les travaux pour l'été 2027.
D'autre part, il est question d'aménager les quartiers des actuelles et futures gares du service express régional métropolitain (SERM). Sur ce volet, c'est La Fab, une société publique locale de Bordeaux Métropole, qui sera missionnée pour travailler sur ces quartiers, notamment « pour conforter leur intensité urbaine en s'appuyant sur les nouveaux flux de mobilité et, selon les cas, y renforcer les fonctions résidentielles et économiques ». Des démarches devraient être lancées rapidement pour maîtriser le coût du foncier avant l'annonce des nouveaux projets.
A plus long terme, quatre autres typologies seront explorées pour y développer des logements et activités économiques : les corridors de transports en commun, les centres bourgs, les nouvelles formes urbaines telles que la surélévation du bâti existant et, enfin, les « grands territoires de nature ».
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.