Lectra va recruter plus de 130 salariés à Cestas

Jean-Philippe Déjean

atelier
DR-Lectra

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D'ici fin 2019 Lectra, coté en bourse, dont le siège est à Paris, va recruter plus de 130 salariés pour renforcer son centre girondin de Cestas, berceau historique du groupe, où sont à la fois regroupés les moyens de production, la recherche et développement et le show-room international. "Nous allons recruter plus de 120 personnes pour notre service recherche et développement au cours des années 2018 et 2019. Recrutements auxquels vont s'ajouter 15 embauches cette année à la production" éclaire pour La Tribune, à Bordeaux, Daniel Harari, PDG de Lectra.
Société innovante dans la haute technologie depuis sa création à Cestas par les frères Etcheparre, en 1972, Lectra, repris par les frères Harari au début des années 1990, s'est imposé sur le marché de la découpe de matériaux souples (à lame ou à laser), dans les secteurs de la mode-habillement, de l'automobile et de l'ameublement. Devenu depuis quelques années le leader mondial sur ce marché de niche à forte valeur ajoutée, à la suite d'un choix stratégique fait sur la haute qualité, Lectra, qui compte 1.657 salariés, a réalisé un chiffre d'affaires de 277,2 M€ en 2017, en hausse de +8 % sur un an, pour un résultat net qui dans le même temps a atteint 29,3 M€, en croissance de +10 %.
L'automobile, avec la découpe d'airbags, l'habillage de sièges, reste le premier marché (44 % du CA), devant la mode et l'habillement (40 %) et l'ameublement (10 %), les autres industries représentant le solde. Les systèmes de conception et fabrication assistée par ordinateur (CFAO) sont un des socles historiques du groupe. Daniel Harari précise qu'en 2017 Lectra a vendu 468 systèmes de découpe Vector, soit "50 % de plus qu'il y a deux ans". Pour faire face à la hausse d'activité, Lectra continue à agrandir et restructurer ses bâtiments de Cestas, moyennant un investissement global de 10 M€.
Sur cette vidéo le témoignage d'un client mexicain de Lectra qui travaille pour le secteur automobile japonais.
Les commandes de machines sont en progression dans toutes les régions, à commencer par les Amériques, à +14 %, devant l'Europe (+11 %). La zone Asie-Pacifique est toujours positive à +2 %. Dans cette région Lectra a vu ses ventes exploser de +32 % en Chine, pays où le groupe français commence à trouver ses marques.
Des orientations de long terme positives, qui s'additionnent au dynamisme du marché automobile indonésien, sans pour autant gommer les sérieux problèmes que connaît aujourd'hui cette région à cause des énormes tensions qui s'accumulent dans la péninsule coréenne. La Chine applique ainsi une forte pression économique sur la Corée du Sud, qui est en train de se doter d'un bouclier anti-missile américain Thaad pour se protéger de la Corée du Nord, qui multiplie essais nucléaires et tirs de missiles. Une stratégie défensive qui déplaît à Pékin, qui a néanmoins desserré l'étau sur les voyages touristiques organisés en Corée du Sud.
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"Depuis le début du boycott chinois des voitures sud coréennes, notre chiffre d'affaires auprès des constructeurs automobiles s'est effondré de 90 % en Corée du Sud" illustre Daniel Harari. L'autre foyer de tension, de bien moindre amplitude, est alimenté par la politique protectionniste et anti-mexicaine du président américain Trump. Le bilan 2017 a été l'occasion pour Daniel Harari de revenir sur la feuille de route 2017-2019, première étape d'évolution du groupe pour les dix prochaines années.
Les systèmes à la fois robustes et sophistiqués de Lectra, dont la base est formée par une machine de découpe, seront ainsi enrichis par des informations immédiatement accessibles et ciblées.
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De plus Lectra va progressivement développer de nouvelles offres utilisant le mode logiciel en tant que service (software as a service ou Saas), avec des programmes d'abonnements. Le rachat de la startup italienne Kubix Lab, qui a développé un logiciel de traitement d'information centré sur les données, "data centric" comme le précise Daniel Harari, non focalisé sur les process industriels, devrait être la clé d'un bond encore plus puissant dans l'usine 4.0 (ou usine du futur) qui combine innovations matérielles et logicielles.
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