L’activité de Lectra continue à grimper malgré la menace trumpiste

Jean-Philippe Déjean

Le marche automobile europeen proche des niveaux de 2007
Denis Balibouse

Jean-Philippe Déjean

Le marche automobile europeen proche des niveaux de 2007
Denis Balibouse
Leader mondial de la découpe de matériaux souples, le groupe Lectra, à Cestas (Gironde) et Paris, coté en Bourse, vient de publier ses résultats au titre du 1er semestre 2018. Lectra, qui emploie désormais 1.700 salariés, dont Daniel Harari est le PDG, a conservé à Cestas, où l'entreprise est née, son appareil de production, le puissant service recherche et développement du groupe ainsi que sa vitrine commerciale internationale. Avec un chiffre d'affaires de 73 M€ aux deuxième trimestre 2018 (277,2 M€ de CA en 2017) l'activité progresse de +9 % sur un an : par rapport à 2017 pendant la même période.
Cette évolution ressort d'un calcul à données comparables, c'est-à-dire avec des chiffres 2018 traduits au taux de change entre euro et dollar de 2017. Le résultat opérationnel de Lectra (écart entre les produits et les charges d'exploitation) atteint 9,8 M€ contre 9,1 M€ au deuxième trimestre 2017. Le résultat net est en hausse de +10 %, à 6,9 M€.
Le PDG de Lectra estime que le chiffre d'affaires trimestriel aurait pu être meilleur mais se félicite toutefois de sa progression très soutenue à +9 %. L'instabilité du contexte économique international va en s'aggravant observe Daniel Harari, à cause de l'agressive stratégie protectionniste de Donald Trump.
Le marché automobile, qui pour Lectra englobe la découpe des airbags mais aussi des sièges tissus ou cuir, sans compter les habitacles, représentait 44 % du chiffre d'affaires du groupe en 2016 (260 M€), devant les secteurs de la mode et de l'habillement (40 % du CA) et l'ameublement (10 %).
Au premier semestre 2018, l'euro s'est apprécié de +12 % face à au dollar, avec une parité moyenne de 1,21$ pour 1€. Une évolution qui renchérit le coût des marchandises fabriquées en euro sur le marché international par rapport à celles manufacturées en zone dollar. Une situation pénalisante pour la majorité des exportateurs français parmi lesquels Lectra, confirme le PDG.
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"La forte hausse de l'euro par rapport à la grande majorité des devises a eu un impact mécanique négatif important sur les résultats du premier semestre. Elle se traduit par une diminution de 7 M€ (-5 %) du chiffre d'affaires et de 3,9 M€ (-18 %) du résultat opérationnel, dans les chiffres exprimés à données réelles par rapport à ceux établis à données comparables", relève ainsi le groupe.
Malgré cette amputation due à l'évolution des parités monétaires, à données comparables le chiffre d'affaires du groupe a progressé de +6 % au premier semestre 2018, à 140,2 M€ (à données comparables), manifestant ainsi un gros potentiel. Le résultat net recule de son côté de -4 % à données réelles pour atteindre 12,3 M€.
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Parmi ses atouts, le groupe a notamment pour lui de réaliser plus de 40 % de son activité en Europe, contre 27 % dans les Amériques et 26 % dans la région Asie-Pacifique. En 2016, son chiffre d'affaires récurent représentait 57 % de l'activité et aujourd'hui Lectra, dont les capitaux propres atteignent 152,5 M€, n'a plus de dettes. Au terme de l'exercice 2018 le groupe vise un chiffre d'affaires en hausse de +6 à +10 % et estime que si la nouvelle parité euro/dollar, à 1,17 $ pour 1 € atteinte fin juin reste stable, ce jeu monétaire sera sans impact sur l'activité au second semestre. Lectra continue d'appliquer sa feuille de route pour répondre à toutes les exigences de l'industrie au format 4.0.
Jean-Philippe Déjean
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