En 2019 le groupe Lectra va multiplier les achats de startups

Jean-Philippe Déjean

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Le groupe Lectra, à Paris (siège social) et en Gironde, à Cestas (équipes recherche et développement, production, showroom international), a dévoilé son bilan de l'exercice 2018 hier mardi, après la clôture des marchés. Leader mondial des systèmes de découpe de matériaux souples (cuir, tissus...), Lectra travaille principalement pour les secteurs de la mode, de l'ameublement (habillage des meubles) et de l'automobile (fabrication des airbags). Le groupe, dont Daniel Harari est le PDG et qui emploie 1.700 salariés, développe des robots industriels à la pointe de la technologie.
Ces derniers permettent par exemple de découper les tissus destinés à la fabrication des vêtements mais aussi, grâce à l'ajout de puissantes fonctions logicielles en communication, de gérer le développement de nouvelles collections de prêt-à-porter en un temps record. En 2018 Lectra a notamment développé une nouvelle offre en mode Saas (software as a service) qui permet d'utiliser un logiciel via Internet comme un service, sur abonnement. Ce type d'offre en Saas correspond à l'attente de la clientèle industrielle de Lectra mais modifie le tempo de l'activité, puisque l'abonnement génère des revenus qui sont fractionnés trimestriellement au lieu d'être versés en une fois.
Présent dans le monde entier Lectra n'échappe pas, comme tous les autres groupes internationaux, à l'impact de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump contre le reste du monde et en particulier la Chine. Avec la clé une incertitude qui pèse, en les retardant, sur les investissements de nombreux clients de Lectra, ce qui a inévitablement affecté le 4e trimestre.
Le recul du résultat net trimestriel à 8,6 M€ (contre 9,2 M€ au 4e trimestre 2017) s'explique par un produit d'impôt net non récurrent de 0,6 M€ qui était venu gonfler le bénéfice du 4e trimestre 2017.
La montée en puissance de la commercialisation de logiciels sous forme d'abonnement (Saas) s'impose comme un élément marquant du 4e trimestre 2018, qui va continuer à s'imposer comme un nouveau facteur en 2019.
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Au final l'exercice 2018 reste pour Lectra positif. Il est notamment marqué par l'acquisition de la startup italienne Kubix Lab qui, grâce à son innovation Kubix Link, permet aux entreprises de la mode de gérer dans une seule application la totalité des informations concernant leurs produits, issues de systèmes de gestion très différents (ERP, PDM, etc.). En 2018 Lectra a réalisé un chiffre d'affaires de 282,6 M€ (+4 %), avec un résultat opérationnel de 40,2 M€ (+11 %), soit une marge opérationnelle de 14,2 %. Le résultat net subit une légère érosion de -2 %, à 28,7 M€, tandis que les capitaux propres grimpent de +12,6 % et que la trésorerie nette se renforce de +4,1 %.
Lectra, qui se positionne désormais comme "un acteur incontournable de l'industrie 4.0", a lancé en décembre dernier sa toute nouvelle offre "fashion on demand" (mode à la demande), qui doit permettre au plus grand nombre de s'habiller sur mesure.
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Malgré les incertitudes géopolitiques le patron de Lectra reste confiant et entend mener de nouvelles opérations de croissance externe courant 2019, un peu partout dans le monde. Sa cible privilégiée ? Des startups susceptibles de compléter l'offre technologique 4.0 de Lectra, dans "le cloud, le big data, la communication des objets et l'intelligence artificielle". Lectra doit par ailleurs recruter 100 nouvelles personnes, dont 50 % en France et 40 en Gironde. Daniel Harari se montre confiant pour les trois prochaines années.
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