Ford Aquitaine Industries : sur quoi Bruno Le Maire continue à négocier avec Ford

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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Depuis ce lundi 25 février, il est acté que le groupe Ford Motor Company (FMC) va cesser toute activité dans sa filiale girondine de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Gironde), qu'il veut définitivement fermer en août prochain. Cette décision, qui confirme le caractère définitif de l'annonce de la fermeture de l'usine faite par Ford le 13 décembre 2018, n'entame pas la détermination des collectivités. Ford a beau avoir rejeté la dernière proposition de reprise de FAI présentée par le groupe belge Punch, les élus ne lâchent pas l'affaire.
La Région Nouvelle-Aquitaine, le Conseil départemental de la Gironde, Bordeaux Métropole et la Ville de Blanquefort demandent ainsi, dans un communiqué commun rendu public ce mercredi, que "les discussions avec Punch puissent se poursuivre et souhaitent y être associées". Ex-ouvrier de Ford Aquitaine Industries et ex-leader CFTC (allié à la CGT) du mouvement de 2008 initié contre le départ de Ford de Blanquefort, Francis Wilsius, désormais conseiller régional PRG, suit toujours ce dossier de près et en dévoile à La Tribune les rouages cachés.
Tout d'abord une certitude : l'usine est dans une situation gravissime même si tout n'est pas encore perdu.
Le point dur des négociations actuelles, qui se déroulent à un haut niveau, consiste ainsi pour les collectivités néo-aquitaines impliquées à convaincre le plus vite possible Ford de céder l'usine avec ses machines et son foncier pour un euro. Ce qui ne sera pas facile puisque le groupe américain aurait déjà tout prévu, avec par exemple le transfert à Van Dyke (Michigan) des commandes de boîtes de vitesses 6F35 fabriquées à Blanquefort. Ces dernières ayant été conçues à Van Dyke où elles continuent à être fabriquées.
En 2011, quand Ford a finalement accepté de revenir à Blanquefort, la direction du groupe n'a pas manqué de faire savoir que, dans le même temps, elle fermait son usine historique de Twin Cities (nom donné à conurbation de Minneapolis et Saint-Paul dans le Minnesota) fondée en 1912. Ford prévoirait donc, de l'aveu même semble-t-il du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, de transférer certaines de ses machines.
Puis cet élu, rompu au combat syndical et aux négociations compliquées avec Ford, lâche plus qu'un indice. Il dévoile ce qui devrait être le cœur des négociations s'il n'y avait pas tant de gros détails à régler au préalable.
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C'est sur ces bases que Bruno Le Maire continue à négocier cette semaine et au moins jusqu'au 4 mars, date à laquelle la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l'emploi) de Nouvelle-Aquitaine devrait homologuer le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de Ford.
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Sans quoi, poursuit-il, il faudra multiplier par dix le montant de la taxe de revitalisation. Car si cette taxe passe de 5.000 € à 50.000 € par salarié, Francis Wilsius est persuadé que les comptables des groupes concernés vont commencer à trouver des solutions intéressantes pour les collectivités.
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