Ford Aquitaine Industries : un plan B pour éviter la friche industrielle

Jean-Philippe Déjean

portrait
Agence Appa

Jean-Philippe Déjean

portrait
Agence Appa
C'est bien ce lundi 25 février à 17 heures que Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, va rencontrer les représentants de l'intersyndicale FO, CFE-CGC, CGT de Ford Aquitaine Industries (FAI) ainsi que plusieurs élus qui devraient représenter la Ville de Bordeaux, le Conseil départemental de la Gironde, avec Christine Bost (PS), 1ère vice-présidente, la Région Nouvelle-Aquitaine, ainsi que la 5e circonscription de la Gironde (Médoc) et son député (LREM) Benoit Simian. En déplacement à Varsovie vendredi 22 février, Bruno Le Maire n'a pas officiellement réagi au rejet par Ford (jeudi en fin d'après-midi) de la dernière mouture du plan de reprise de Ford Aquitaine Industries présenté par le groupe Punch.
Un plan de reprise sévèrement taclé par la CGT de FAI, étant donné que le repreneur n'a pas informé l'intersyndicale sur le contenu de son plan ni sur les raisons de cet échec. L'abandon prévisible par le groupe Ford de cette usine girondine de fabrication de boîtes de vitesses, inaugurée en 1973 (et ouverte en 2012), a provoqué de nombreuses réactions hostiles, dont celle d'Alain Juppé, futur ex-maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, dont nous avons rendu compte.
A cette réaction du maire sortant il faut en ajouter d'autres, dont celle du Conseil départemental de la Gironde, présidé par Jean-Luc Gleyze (PS). Dans le communiqué qu'ils ont rendu public le président du Conseil départemental et sa première vice-présidente, Christine Bost, accusent ainsi "la direction de Ford d'être des patrons voyous, cyniques et uniquement motivés par le profit de leurs actionnaires, tandis que les salariés de Ford Blanquefort, leurs familles et, au-delà, une grande partie de la Gironde vont payer au prix fort cette décision indigne et scandaleuse".
La situation de FAI n'a sans doute jamais été aussi périlleuse et il semble bien que tout le monde en ait tiré les conséquences. Le futur, s'il en reste encore un pour l'usine, va nécessiter une bonne dose de pragmatisme. Car sans trahir de secret ni trop s'avancer, il semble bien que tous les acteurs néo-aquitains du dossier aient intégré le fait que Ford allait réellement mettre la clé sous la porte. Cette menace, identifiée par les salariés depuis 2016, est désormais une évidence. Après que l'état-major de Ford Motor Company (FMC) a pendant des mois joué au chat et à la souris, en laissant croire à l'éventualité du lancement d'un nouveau programme industriel dans l'usine.
Christine Bost (Département de la Gironde)
Ce dernier espère d'autant plus que cette solution va pouvoir émerger que, comme il le précise ensuite, les premiers départs des salariés de FAI ayant choisi la préretraite vont commencer dès le mois de mars. Sur 850 salariés actifs, les préretraités devraient représenter plus de 300 personnes. Sachant que 150 salariés de FAI devraient être mutés dans l'usine sœur de Getrag Ford Transmissions (GFT), filiale à 50 % de Ford et du groupe canadien Magna, qui fabrique des boîtes de vitesses manuelles et se trouve à quelques centaines de mètres. Le nombre de licenciés, qui seront couverts par le PSE, devrait ainsi être inférieur à 400.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Christine Bost, également du voyage pour Bercy, a accepté de répondre aux questions de La Tribune. Comme elle l'avait précédemment souligné, le Conseil départemental de la Gironde a déjà envoyé, à l'instar de Bordeaux Métropole, un avocat récupérer une partie de l'aide financière octroyée par l'assemblée départementale à Ford.
À lire également
Quant au député Benoit Simian, il est de son côté favorable au lancement à FAI d'un plan de réindustrialisation axé sur les énergies renouvelables appliquées à la voiture, comme la propulsion par pile à hydrogène. Pas sûr que ce genre d'initiative enthousiasme Ford...
Jean-Philippe Déjean
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur