Ford Aquitaine Industries : Aqmo, le sous-traitant qui a su anticiper le risque de fermeture

Jean-Philippe Déjean

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Agence Appa

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La fermeture de Ford Aquitaine Industries, à Blanquefort, au nord de Bordeaux, devrait entrainer la disparition d'environ 2.000 emplois induits si elle se concrétise. L'usine de FAI, dont la moitié de la surface a déjà été vidée, emploie aujourd'hui un peu moins de 850 salariés actifs. L'arrêt de cette activité de fabrication de boîtes de vitesses automatiques va se répercuter sur les sous-traitants industriels mais aussi des fournisseurs de tous gabarits. Ce qui est le cas de Sodexo, leader mondial dans les prestations en "qualité de vie" (restauration, propreté, maintenance...), qui emploie 34.000 salariés en France, et approvisionne la cantine de FAI. Mais pas question pour Sodexo Entreprises, qui gère le contrat FAI, de se prononcer sur une fermeture d'usine qui n'a même pas encore eu lieu... Difficile aussi de joindre Veolia Eau, qui pilote la gestion de la station de traitement des eaux industrielles commune à Ford Aquitaine Industries et à son usine sœur, Getrag Ford Transmissions (1200 salariés, fabrication des boîtes vitesses manuelles), implantée à quelques centaines de mètres.
D'autres entreprises plus petites ne se relèveront pas de la fermeture de l'usine. Ce qui ne devrait pas être le cas d'Aqmo, spécialiste de l'optimisation des systèmes de production. Une société créée en 1993 par des ouvriers de Ford Aquitaine Industries et dont le président, Eric Sainclair, a accepté de répondre à La Tribune.
Quand on lui demande s'il se sent menacé par la fermeture annoncée de Ford Aquitaine Industries, Eric Sainclair sort ses griffes. Parce qu'il ne veut en aucun cas jouer le rôle de la victime sacrifiée sur l'autel du donneur d'ordre impavide. "Aqmo, qui emploie 170 salariés, a réalisé l'an dernier 22 M€ de chiffre d'affaires et retenez bien cela, FAI et Getrag Ford Transmissions ne représentent que 5 % de notre activité", recadre Eric Sainclair. Le président d'Aqmo ne nie pas que son entreprise ait été dépendantes de Ford Aquitaine Industries et de Getrag Ford Transmissions ou qu'elle lui soit encore liée. Mais il veut surtout faire savoir que le destin d'Aqmo ne dépend plus de ces groupes.
"Jusqu'au début des années 2000 nous étions très dépendants de Ford. C'est pourquoi nous avons commencé à ouvrir de nouveaux sites à Pau puis à Toulouse, entre 2001 et 2002. Ce qui nous a permis d'aller à la rencontre de nouveaux donneurs d'ordre du secteur aérospatial" illustre le chef d'entreprise qui a racheté Aqmo, avec des salariés de l'entreprise, en 2011.
Cette ouverture à de nouveaux secteurs d'activité s'est ensuite transformée en stratégie de conquête, avec deux opérations de croissance externe à la clé, et une troisième en préparation pour 2019. Preuve que son entreprise, membre du club régional des entreprises de taille intermédiaires (ETI), veut accélérer sa croissance. Aqmo a d'abord racheté à Bayonne la société Semso, spécialisée dans la conception de machines industrielles, en 2016 à la barre du tribunal de commerce.
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"Nous sommes en train d'investir 1 M€ pour la construction d'un bâtiment destiné à Semso à Hastingues, dans les Landes (du nom du sénéchal du duché de Gascogne John Hastings, qui a lancé la construction de cette ville en 1289 -NDLR), non loin de Bayonne, où nous allons recruter entre 15 et 25 personnes" déroule Eric Sainclair.
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Puis Aqmo a jeté en 2017 son dévolu sur la société toulousaine Issa. Une entreprise familiale également spécialisée dans la fabrication de machines et le traitement thermique qu'Eric Sainclair vient de fusionner avec son établissement de Toulouse. Cette stratégie de croissance externe, il n'est pas prêt de l'arrêter.
Jean-Philippe Déjean
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