Ford Aquitaine Industries : Ford cède bâtiments et foncier mais pas les machines

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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Dans son communiqué d'hier mardi 5 mars après-midi, marqué par un souci formel d'apaisement, le groupe Ford Motor Company (FMC), dont le siège se trouve à Dearborn (banlieue de Détroit), a dévoilé la dernière proposition transmise aux pouvoirs publics concernant l'usine de sa filiale girondine, Ford Aquitaine Industries, qui va être définitivement fermée au mois d'août prochain et emploie 850 salariés.
"Ford a offert de transférer le terrain et les bâtiments (dépollués selon les normes convenues) pour 1 euro. Nous donnerons davantage de détails sur notre plan de revitalisation lorsqu'il sera achevé" conclut FMC.
Cette annonce officielle ne mentionne à aucun moment le parc machines de l'usine, qui revêt pourtant un aspect essentiel dans la perspective du maintien d'une activité industrielle centrée sur l'automobile dans les locaux du futur ex-Ford Aquitaine Industries.
Si les 20 M€ annoncés par le groupe Ford au titre de la revitalisation du site et de son territoire ne font pas une somme suffisante pour lancer sur place un nouveau projet industriel, ce montant n'est pas jugé totalement ridicule par Gilles Lambersend, secrétaire CGT du comité d'entreprise de FAI.
"Ces 20 M€ représentent une somme insuffisante pour relancer une activité et il faudra la compléter. Mais pour Ford le minimum légal au titre de la revitalisation était de 5 ou 6 M€, équivalent à deux ou trois smic par salarié de l'usine" décrypte ainsi Gilles Lambersend. Puis ce dernier rappelle fort à propos que, lors de la dernière rencontre de l'intersyndicale FO, CFE-CGC, CGT de FAI à Bercy, en compagnie des élus néo-aquitains et du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, il a été décidé de créer un groupe de travail consacré au futur de FAI.
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Il s'agit en l'occurrence du chiffre concernant le montant global du PSE de Ford, annoncé à 165 M€, qui représenterait une dépense brute de près de 195.000 euros par salarié (165 M€ divisé par 850 - Ndlr). "Ce qui ne veut pas dire que les gens vont toucher 195.000 euros!" tonne Vincent Alauze (CGT), qui souligne que ce chiffre représente le coût global pour l'entreprise, sachant que les salariés devraient toucher entre 50.000 et 80.000 euros.
De toutes les façons pas question pour la CGT de reculer. L'annonce d'une attaque du PSE en justice n'est pas une figure de rhétorique.
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L'intersyndicale FO, CFE-CGC, CGT tenait cet après-midi une assemblée générale. Elle a adopté d'une part le principe d'une réindustrialisation du futur site de l'ex-FAI, et non d'une revitalisation. Ensuite les syndicats FO et CFE-CGC ont annoncé qu'ils allaient étudier le fait de rejoindre la CGT dans son attaque juridique du PSE. L'intersyndicale, qui souligne fermement qu'aucun salarié ne touchera 200.000 euros, contrairement à ce que de nombreux articles pourraient laisser penser, est invitée ce soir par le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, avec qui les syndicalistes entendent parler du PSE. En outre, l'intersyndicale devrait être invité à Bercy la semaine prochaine.
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