Construction navale de Bordeaux (CNB) condamnée à devenir un simple site de production
Jean-Philippe Déjean
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Un yacht monocoque de CNB en test sur le bassin à flot N°1, devant le siège de Cdiscount.
CNB
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Un yacht monocoque de CNB en test sur le bassin à flot N°1, devant le siège de Cdiscount.
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Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est désormais lancé depuis quelques jours à Construction navale de Bordeaux (CNB), avec le premier CSE (comité social et économique) qui a été consacré à ce sujet. Rien n'est encore gravé dans le marbre même si ce PSE doit se conclure par la suppression de 74 postes dans la filiale bordelaise du groupe vendéen Bénéteau, leader mondial du nautisme (1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires pour l'exercice 2018-2019, avec 8.361 salariés).
Construction navale de Bordeaux emploie aujourd'hui "environ 1.000 salariés" selon la direction (pour 305,3 millions d'euros de chiffre d'affaire en 2019). Sachant qu'en 2017 cet effectif atteignait 1.250 personnes, dont 850 à Bordeaux et 400 dans le site de Belleville-sur-Vie, en Vendée, spécialisé dans la fabrication des petits catamarans Lagoon. Ce PSE c'est du jamais vu dans l'histoire de CNB, un vieux chantier naval bordelais relancé en 1987 par Dieter Gust et Olivier Lafourcade après des années d'inactivité.
Coordonnées en intersyndicale, CGT et CFDT ont dénoncé ce plan de sauvegarde de l'emploi qu'elles jugent "trop précipité, trop violent, trop fort !" dans un tract commun. Pour les syndicalistes tout vient de la refonte stratégique du groupe Bénéteau, baptisée "Let's go Beyond !" (Aller plus loin !), dans laquelle s'inscrit ce PSE.
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A l'étude depuis l'an dernier, cette réforme a été percutée par la crise du Covid-19. Mais, malgré son impact violent sur l'activité de Bénéteau, les syndicalistes estiment que cette réorganisation du groupe était, dès l'origine, très défavorable à Construction navale de Bordeaux, et que ce sur ce plan la pandémie n'a rien modifié. Car depuis cet été, les changements se sont accélérés au sein de CNB, avec le départ de la présidence de l'entreprise de Dieter Gust, officiellement acté au mois d'août, puis du directeur général adjoint de l'entreprise, Yann Masselot, quelques semaines plus tard. Des figures marquantes de l'entreprise qui ne seront pas remplacées.
Jean-Philippe Déjean