C'est un site d'ampleur industrielle. Mais à l'ambiance très artisanale. Chez CNB (Construction navale de Bordeaux), sur la rive droite de la Garonne, le procédé de fabrication est porté par la main d'œuvre qui fabrique les 110 à 120 catamarans qui glissent chaque année des ateliers aux pontons du fleuve. Et si, en cette matinée de juin, l'entrée simultanée de centaines de salariés sur le site rappelle « Les Temps modernes » de Chaplin, ce n'est pas pour rejoindre des lignes de production automatisées mais simplement pour clôturer un exercice incendie.
À Bordeaux, CNB emploie environ un millier de salariés dans 45.000 m² de bâtiments. (crédits : Agence APPA)
Avec un accès immédiat au fleuve, CNB dispose d'un atout historique et jalousement défendu. La direction s'est d'ailleurs opposée aux tracés de télécabine, imaginés par Bordeaux Métropole, qui pourraient survoler son site. Elle craint pour la tranquillité de ses clients qui viennent ici découvrir les deux grandes gammes de catamarans de Bénéteau. Un avantage concurrentiel à préserver dans une histoire récente mouvementée. Avec le départ de son fondateur Dieter Gust en 2020 et la suppression de 70 emplois durant la crise Covid, l'avenir du chantier bordelais s'était brutalement assombri. « C'était une mauvaise parenthèse à vivre », euphémise Clément Himily, directeur général du site aux commandes depuis trois ans. Il peut souffler : l'activité repart de plus belle, il est enfin temps d'hisser la grand-voile.