C'est une filière sous tension alternative. En Europe, les décideurs misent largement sur le potentiel de l'industrie de la batterie pour décarboner la société, en immense partie dans le secteur des transports responsable de 23 % des émission de CO2 sur le continent (Eurostat). Mais les règles du jeu politique et économique ne jouent pas en sa faveur pour acquérir une compétitivité sur un marché mondial. Si toute la chaîne de production est mobilisée, une équation demeure irrésolue.
« Il est aujourd'hui très difficile pour les industriels d'associer performance environnementale, garanties sociales et viabilité économique », pointe Eliana Quartarone, professeur du département chimie de l'université de Pavie. Ces mots prononcés durant les Battery innovation days, qui ont eu lieu à Bordeaux ces 14 et 15 novembre, reflètent bien les interrogations et défis de la filière réunie sur l'événement. Comment l'Europe va-t-elle pouvoir se démarquer sur un marché où elle est moins compétitive que la Chine ? Peut-être en misant sur l'innovation.
Si le lithium-ion constitue l'élément chimique dominant parmi les technologies utilisées, les recherches menées sur le sodium sont porteuses d'espoir. « Après des premières recherches dans les années 1970, un regain d'intérêt sur le sodium-ion s'est manifesté au début des années 2010 quand une tension est apparue autour du lithium », explique Laurence Croguennec, directrice de recherche au CNRS. Certains industriels en attendent, selon les applications, des propriétés dont découlent plus de sécurité, un meilleur temps de charge ou encore une plus longue durée de vie. Avec un intérêt particulier pour les petits objets électriques ou la micro-mobilité. Les recherches françaises ont notamment abouti en 2016 à la création de la startup Tiamat, qui envisage de lancer une gigafactory de la batterie sodium-ion en 2025. Tel un adieu au lithium ? Non.