« Newheat a fait ses preuves commercialement. Nous avons montré notre savoir faire, démontré son business modèle, et sommes depuis deux ans dans l'accélération commerciale », explique Hugues Defréville, co-fondateur et président de Newheat. Une accélération qui se concrétise aujourd'hui. Alors qu'elle a déployé et exploite cinq centrales solaires thermiques depuis son lancement il y a huit ans, l'entreprise bordelaise prévoit de tripler ce chiffre au cours des trois prochaines années.
Quinze centrales sont annoncées pour un investissement total de 150 millions d'euros et un volume annuel de chaleur renouvelable livrée de 200 GWh. « La moitié permettra d'alimenter des sites industriels, l'autre moitié des réseaux de chaleur. À ce stade, les deux tiers des projets ont déjà obtenu des subventions et sont en cours de permis de construire. Certains l'ont déjà obtenu !» précise Hugues Defréville qui prévoit de démarrer quatre voire cinq projets sur 2024.
Quelques jours après l'énorme levée de 200 millions d'euros de Technique Solaire, dans le photovoltaïque, la chaleur renouvelable est aussi en passe de changer de dimension. Avec un élément déclencheur, explique Hugues Defréville :
« La prise de conscience a débuté il y a deux ans maisla crise énergétique liée à la guerre en Ukrainea constitué un électrochoc. Et avec un prix du gaz qui a explosé, la compétitivité de nos offres est devenue importante. Alors que 80 % du gaz en France est utilisé pour faire de la chaleur et non de l'électricité, la chaleur renouvelable est aujourd'hui identifiée par les décideurs privés et publics comme un secteur prioritaire pour atteindre les objectifs climatiques et réduire la dépendance aux énergies fossiles. La principale source de chaleur renouvelable, c'est la biomasse mais elle ne suffira pas. La forêt n'est pas infinie. Newheat propose d'autres solutions qui combinent récupération de chaleur fatale, solaire thermique, systèmes de stockage thermique courte et longue durée et pompes à chaleur industrielle. »
Face cette prise de conscience, le fonds chaleur de l'Ademe a déjà augmenté. Il prévoit de mobiliser 800 millions d'euros en 2024 et des collectivités comme Bordeaux Métropole mettent le pied sur l'accélérateur. « Cela ne suffira pas mais nous avançons dans la bonne direction », assure Hugues Defréville.