Conséquence de la crise du cognac, le groupe industriel charentais Chalvignac a vu ses carnets de commande s'effondrer dans le secteur vitivinicole. Licenciements et restructurations sont à l'ordre du jour mais la direction reste optimiste en cherchant à renforcer ses marchés industriels.L'onde de choc de la crise du cognac frappe le vignoble. Elle atteint désormais les industries dépendantes du spiritueux. Après l'atelier de décor du géant du verre OI-Glass et la distillerie de la maison Boinaud, les restructurations s'imposent au groupe Chalvignac. Le bruit courait depuis des mois dans le milieu viticole local, cette ETI industrielle leader de la cuve inox et fabricant d'alambics installée en Charente-Maritime fait les frais de la dépression actuelle. Son dirigeant, Philippe Tizon, explique à La Tribune les contours de la restructuration.
« Nous sommes victimes de la crise du cognac sur trois types d'équipements : le matériel de distillation, la cuverie polyester et les bennes de transport viticole, liste celui qui préside le groupe depuis 2010. La distillation, c'est peut-être le point le plus difficile car on est passé de l'euphorie à l'arrêt. On nous a reproché de manquer de capacités de production il y a quelques années... Et depuis six mois nous n'avons plus aucune commande d'alambics », retrace-t-il, amer.
Moins dépendre de la viticulture
25 salariés, répartis dans quatre des neuf filiales du groupe, ont fait l'objet de licenciements économiques en fin d'année. Cela concerne les activités distillation, équipement et matériel viticole, cuverie inox (Vautier) et cuverie polyester (Sodipia). Des départs volontaires et des arrêts de recrutement en CDD ou intérim ont également été appliqués.
Le groupe, réparti sur neuf sites principalement dans les Charentes, est passé de 450 salariés en 2021 à 415 aujourd'hui et limite pour l'instant la casse. Son président garde le moral.
« Je reste positif et optimiste, on va affronter cette crise », mobilise-t-il. Car le groupe implanté au cœur de la viticulture cognaçaise et spécialisé dans la chaudronnerie est diversifié. Il adresse aussi des marchés destinés à l'équipement industriel et agricole. « Notre travail depuis plusieurs mois est de développer ces relais de croissance pour atténuer les effets de la crise vitivinicole. Ces activités sont très actives avec des carnets de commandes pleins. Elles vont aider au rebond des autres sociétés du groupe » , détaille Philippe Tizon. 70 % de l'activité de Chalvignac dépend encore de la viticulture. Ratio qu'il veut faire tomber à 50 %.