L'usine de charbon végétal de Miraïa lorgne les forêts du Sud-Ouest
Hélène Lerivrain
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Les cinq fondateurs de Miraïa en 2023 à Toulouse.
Miraïa
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Les cinq fondateurs de Miraïa en 2023 à Toulouse.
Miraïa
Mis en avant pour séquestrer du carbone sur le long terme, limiter les engrais chimiques et produire des énergies renouvelables, le biochar, ou charbon végétal suscite l'intérêt croissant des industriels. Dans le Sud-Ouest, la start-up toulousaine Miraïa a pour projet d'implanter une première usine sur la commune de Garlin dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle déposera une demande d'autorisation environnementale à l'automne, et envisage, après un an d'instruction puis un an de construction, si tout va bien, la mise en service pour fin 2027.
Selon ses prévisions, Miraïa utilisera 120 000 tonnes de biomasse fraîche pour produire 20.000 tonnes de biochar par an selon le processus de pyrolyse qui consiste à chauffer la matière dans un environnement sans oxygène. Miraïa cible trois marchés : l'agriculture pour amender le sol, la construction et la métallurgie pour proposer un substitut au charbon fossile.
« En Europe, 51 millions de tonnes de charbon fossile sont encore utilisées chaque année pour la métallurgie. Or d'ici à 2030, il faudra diminuer cette consommation de moitié », explique Jean Marchal, en charge du développement commercial chez Miraïa. De la bio-huile, alternative aux carburants fossiles, sera également produite à partir des gaz et vapeurs générés pendant la pyrolyse. « Nous essayons de ne rien gâcher », précise Jean Marchal.
Sur le papier, les ambitions sont louables, mais des voix s'élèvent pour alerter sur la menace qui pèse sur la forêt des Landes de Gascogne. « On estime qu'il n'y aura pas suffisamment de bois pour tout le monde ! », déclarait en juillet à La Tribune Anne Guivarc'h, la directrice de la Fédération des industries du bois de Nouvelle-Aquitaine. Car ce projet n'est pas le seul projet industriel dans les cartons.
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Quatre nouvelles usines, annoncées entre 2027 et 2030, vont solliciter la filière locale, dont le projet XXL d'Elyse Energy à Lacq et celui de Verso Energy à Tartas. Concernant le projet de Garlin, le Collectif Forêts Vivantes Pyrénées, qui regroupe 73 associations, a déposé un recours en contentieux contre la modification de PLU réalisée pour cette future implantation. « Dans un contexte de changement climatique qui a un impact sur la santé des forêts, ce projet est dément. Le problème, c'est le niveau industriel », s'exclame Agnès Lafaye, membre du collectif qui dit guetter les arbitrages de la cellule régionale biomasse.
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