Porté par Elyse Energy, le projet de production de carburants de synthèse pour le transport aérien et maritime près de Pau est l'un des plus ambitieux de France. Deux ans après sa présentation au salon du Bourget, il doit encore convaincre de son impact environnemental. Un collectif d'opposants manifestera ce 14 juin.D'où viendra la biomasse qui sera transformée en carburant de synthèse maritime et aérien ? C'est le principal point de crispation autour du gigantesque projet d'usine de carburants durables qui doit voir le jour d'ici 2028 sur plusieurs sites autour du plateau de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. Porté par l'entreprise lyonnaise Elyse Energy avec Avril, Axens, Bionext et l'IFPen, le projet a été annoncé par Emmanuel Macron il y a deux ans au salon du Bourget.
Il prévoit de combiner la production de 50 000 tonnes de e-méthanol, destiné au transport maritime et à l'industrie (eM-Lacq), 87 000 tonnes de carburant d'aviation durable (BioTJet) et 28 000 tonnes de naphta pour le transport routier. Pour cela, il est question de produire sur place de l'hydrogène vert pour le combiner à 300 000 tonnes de biomasse par an issues de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie mais aussi du nord de l'Espagne.
« Nos partenaires ont mis au point, dans les Hauts-de-France, le procédé BioTfuel qui nous permet de recourir à différents types de biomasse en les torréfiant avant utilisation », explique Benoit Decourt, directeur général affaires publiques et stratégies d'Elyse Energy. L'entreprise prévoit de s'approvisionner en bois énergie auprès des entreprises de la sylviculture et des propriétaires forestiers ; en déchets de meubles et déchets verts auprès des déchetteries et des éco-organismes ; et en résidus des activités agricoles et viticoles.
Une manifestation le 14 juin
« Chacune de ces trois sources devrait représenter environ un tiers du total à terme. Les ressources disponibles en biomasse dans un rayon de 400 kilomètres sont cinq fois supérieures à nos besoins », assure Benoit Decourt. Mais ce discours ne convainc pas le collectif d'opposants « Forêts vivantes Pyrénées » qui craint « l'impact d'une augmentation massive de la récolte d'arbres ». E-CHO est « le seul parmi tous les projets de production de carburants aériens durables en cours à vouloir utiliser du bois forestier pour produire du kérosène », ajoute le collectif qui annonce une nouvelle manifestation à Pau ce samedi 14 juin, après de précédents rassemblements fin 2024.